Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

Séjour en Équateur : Jour 13

                    

Ce Matin, pas question d’aller me balader, les résidus de l’orage tropical de cette nuit, sont encore bien présents et le sol est trempé, d’ailleurs  il pleut toujours de toutes façons.

                    

D’autre part, les intempéries nocturnes ont générée une pane de courant générale sur l’hôtel.

                    

Ce matin, le déjeuner est à 5h30, car nous allons faire une excursion sur la lagune privée du lodge et y découvrir une nouvelle tour d’observation et notre premier contact avec une espèce phare du voyage.

                    

Le repas du matin pris et les équipements d’observation à l’épaule, nous embarquons dans de petites pirogues, le moyen de transport le plus pratique ici.

                    

Le plan d’eau privé et un peu en retrait du cours principal de la rivière d’ailleurs nous ne quittons même pas le bras entre le lodge et le Napo pour y accéder. 

                    

C’est donc à la file indienne que nous contournons cette pièce d’eau pour pouvoir monter dans cette tour d’observation afin de surplomber la surface de l’eau relativement tranquille.

                    

Les observations commencent à se succéder en commençant par une Aigrette neigeuse (Egretta thula) au vol puis un groupe d’Ara macavouane (Orthopsittaca manilatus) et enfin la première rencontre avec l’Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin) mis en lumière par notre guide avec l’assistance des animateurs locaux.

                    

 

l’Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin)

                       

Du fait de notre répartition sur les deux niveaux de la tour, il faut parfois quelques secondes pour que le groupe du premier étage reçoive les informations du second.

                    

Qu’importe, presque tout le monde à envie de partager ce moment de découverte et ce n’est pas le sourire accroché au visage de julien accompagnant chaque observation qui dément la situation présente.

                    

Une espèce de martinet fend les airs alors qu’en contrebas, le Paroaré rougecape (Paroaria gularis) malgré la pluie nous fait une belle démonstration, mais un peu éloignée tout de même.

                       

 

Paroaré rougecape (Paroaria gularis) sous une pluie locale.

                    

A bonne distance et quasiment au sommet d’un arbre, une ortalide est repérée, puis bien plus haut dans le ciel un Grand urubu (Cathartes melambrotus) plane avec aisance alors que les Tyrans quiquivi (Pitangus sulphuratus) commence à animer le secteur de leurs poursuites accompagnées de cris.

                    

A quelques mètres de l’observatoire, un Martin-pêcheur vert (Chloroceryle americana) vient se poser sur une large feuille l’instant d’après, c’est un Troglodyte à miroir (Donacobius atricapilla) « aussi appelé Donacobe à miroir » qui se présente, celui-ci semble plutôt grégaire, car plusieurs individus le suivent à tire d’aile pour un spectacle assez sympathique.

             

 

Martin-pêcheur vert (Chloroceryle americana)

                           

Les Amazones aourou (Amazona amazonica) créaient de l’animation au fait d’un arbre dénudé en face, après c’est un Geai violacé (Cyanocorax violaceus) qui nous rend visite, pas trop de temps mort ce matin.

                    

Des Anis des palétuviers (Crotophaga major) sont également de la partie, ils font sensation par la taille plus imposantes que celles de leurs cousins, mais également par leur plumage qui renvoie des couleurs bleu pétrole alors qu’il apparaissait noir au départ.

                    

De plus, un liseré couleur fauve au bout des plumes, donne un aspect « écailleux » sur le plumage du dos des oiseaux.

                  

Anis des palétuviers (Crotophaga major)

                    

Puis l’instant suivant un énorme pic traverse au-dessus de la mare, mais est aperçu trop tard pour une identification correcte ce qui n’est pas du tout le cas des Martinets Claudia (Tachornis squamata) avec leurs rectrices caractéristiques pour ce genre-là et ici.

                    

Une balade autour de la lagune nous est proposée, c’est l’occasion de passer tout proche d’un groupe d’hoazins camouflé derrière un écran de végétation.

                    

L’odeur dans ce secteur, est pestilentielle et julien de nous expliquer le mode de consommation et de digestion de ces volatiles particuliers, qui pourrait s’apparenter à un système digestif de mammifères.

                 

l’Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin) sur une chandelle de palmier.

                    

Puis d’ajouter quelque appellation de l’espèce dans d’autres langues pour confirmer que tous les découvreurs ont dû pensé de même,  car il porte différent noms qui vont tous dans le même sens en anglais, stinkbird « oiseau puant » ou encore skunk bird « oiseau-moufette »

                    

A l’opposé de notre position initiale, nous voyons ceux qui sont restés sur le perchoir à miroise nous faire signe à l’occasion du passage sur une trouée, il y a également un autre client de l’hôtel, solitaire lui, il s’est offert une balade en canot.

                     

Des observateurs , observés !

                    

Nous remontons à la tour pour observer sur un arbre périphérique du bassin, un couple de Buses à gros bec (Rupornis magnirostris) installé depuis quelques instants.

                    

Un Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax) arrive au vol et se pose dans un arbre en face de nous, suivi d’un Héron cocoi (Ardea cocoi) qui va se percher à bonne hauteur provocant l’envol l’un après l’autre des deux rapaces.

                    

Au raz de l’eau, un Cassique cul-jaune (Cacicus cela) passe dans un sens, dans l’autre puis repart et répète plusieurs fois son manège sans plus déranger que cela, les tortues aquatiques sous son passage qui montrent le bout de leur museau en venant respirer à la surface.

                       

Tortues aquatiques.

                    

Les aras reprennent leurs vols circulaires et les martinets de deux espèces recommencent à décrire des arabesques dans le ciel redevenu d’azur.

                    

Un Martin-pêcheur à ventre roux (Megaceryle torquata) se pose sur une branche et scrute les ondes afin d’y déceler une proie potentielle alors qu’un bon groupe de Vachers luisants (Molothrus bonariensis) fait son apparition.

                    

Deux Toucans à bec rouge (Ramphastos tucanus) s’approche de la tour, mais reste à une distance considérable pour mon téléobjectif qui pour le coup, reste hors limite, qu’importe, Julien en cale un dans la longue vue et l’observation reste mémorable.

                    

Un Tyran licteur (Philohydor lictor) pourchasse un tityre gis (Tityra cayana) qui venait récupérer des fibres pour un nid placé dans l’arbre, face à nous sur un îlot.

     

tityre gis (Tityra cayana)

                    

Puis, c’est le signal du retour vers l’hôtel pour le repas et à peine débarqué sur le ponton, j’aperçois une paire de Tangara pillurion (Cissopis leverianus), cette observation de l’espèce »la seule du voyage, restera fameuse pour moi.

                         

 

Tangara pillurion (Cissopis leverianus)

                    

Je demande et j’obtiens l’autorisation de julien pour tenter une observation du Grand ibijau (Nyctibius grandis) vu hier alors qu’il faisait un peu sombre, ce qu’il m’accorde avec un grand sourire en me prodiguant quelques conseils de sécurité et avec Malou, nous allons tenter cet oiseau si mimétique.

               

Grand ibijau (Nyctibius grandis) plus lumineux que la veille, mais toujours aussi haut!

                    

Le reste du groupe prend l’apéro en regardant les petits singes qui viennent se nourrir sur les fruits mis à leur disposition par le personnel du lodge.

                    

Donc Malou et moi empruntons avec prudence le passage de bois au-dessus du marais, la colonie de Cassiques roussâtres (Psarocolius angustifrons) reste très loquace et beaucoup de ces oiseaux sont afférés à construire ou entretenir des nids de types pendulaires.

                  

 

Couple de Cassiques roussâtres (Psarocolius angustifrons) devant son nid

 

                   

L’oiseau qui ressemble à s’y méprendre à un morceau de bois est toujours présent et un peu plus visible du fait de la lumière du jour et peut être à une position différente de la veille.

                    

Dommage pour la distance, Malou et moi nous, nous régalons tout de même de la miroise d’autant qu’à proximité, le couple de Pics à chevron d’or (Melanerpes cruentatus) est en phase de nourrissage de leur nouvelle couvée.

              

Pics à chevron d’or (Melanerpes cruentatus)

                    

Un Tyran pirate (Legatus leucophaius) commence à s’agacer de l’approche d’un trio de Cassiques cul-rouge (Cacicus haemorrhous) et les roussâtres encore plus, car les premiers les harcèlent jusqu’au contact de leurs nids.

                 

 

Cassique cul-rouge (Cacicus haemorrhous)

                    

Le calme revient après le départ des trouble-fêtes ailés on perçoie parfaitement le chant carctéristique  des cassiques nicheurs.

                    

Avec l’effet de résonnance dû au fait de l’humidité du marais et qu’il soit encaissé parmi les grands arbres, du chant caractéristique des oropendola dans la langue de Shakespeare un peu comme une tôle de métal que l’on gondole.

                    

C’est bientôt l’heure du repas, nous rentrons donc avec tout de même un regard sur les papillons et autres superbes libellules apparemment très convoité par des Tyran quiquivi (Pitangus sulphuratus).

     

Belle libellule !

                    

Un Ani encore un "bec lisse" est posé au sol et progresse par petits bonds et parfois, s’enfonce jusqu’à disparaitre dans les herbes et quelques mètres plus loin, un Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) se confond presque avec le support sur lequel il est perché.

                  

Tangara des palmiers (Thraupis palmarum) 

                    

Plusieurs espèces d’oiseaux forestiers passent en traversant le chemin et qui restent difficiles à identifier du premier coup d’œil, ce qui n’est pas le cas du sublime Tangara évêque (Thraupis episcopus) dans son plumage quasi intégral de bleu à plusieurs nuances.

                    

L’oiseau en couple avec des matériaux de construction coincé dans le bec annonce clairement une nouvelle phase de reproduction prochaine à n’en pas douter.

     

Tangara évêque (Thraupis episcopus)

                    

Après un succulent repas, nous sommes prêts à embarquer dans la grande pirogue qui nous a amené ici depuis Coca, la raison, la visite de plusieurs îles de tailles différentes qui sont en perpétuel développement sur la rivière Napo.

                    

Il est parfois inutile de chercher les multiples et splendides papillons du secteur, car il arrive que l’un d’entre eux se pose sur un support inattendu.

               

Pas facile de faire la photo quand la cible est posé sur le télézoom!

                            

En levant les yeux au ciel, quelqu’un repère un Sarcoramphe roi (Sarcoramphus papa) qui tournois au-dessus de la forêt et passe à l’aplomb de notre position et sans rapport avec lui, un furtif Tangara à bec d’argent (Ramphocelus carbo) fuyant dans la végétation.

                    

Avant de quitter le bras d’eau nous avons la chance de pouvoir observer deux espèces bien différentes de singes presque au même endroit.

   

Saki hirsute (Pithecia hirsuta)

                                   

le Saki hirsute (Pithecia hirsuta) bien visible et le Titi sombre (Callicebus moloch) plus engoncé dans la végétation et où seule une photo reflexe me permettra de me rappeler le souvenir de cette belle rencontre bien que fugitive.

      

Titi sombre (Callicebus moloch)

                 

Un Caracara à tête jaune (Milvago chimachima) perché en attente comme s’il prenait la pause sur notre passage.

                    

La vitesse de notre embarcation nous oblige pour certains à nous protéger le visage, ce qui fait que pour les observations, il y a moins d’activité et donc c’est en débarquant sur une île que nous avons le plaisir de voir les premières Hirondelles à ailes blanches (Tachycineta albiventer).

         

Hirondelles à ailes blanches (Tachycineta albiventer).

                    

Pour une île qui s’est constitué uniquement avec le dépôt de sédiments charriés par la rivière, celle-ci est de taille confortable et semble avoir plus de soixante ans selon les dires de nos guides.

                    

Ils nous expliquent longuement et avec force de détail le processus d’apparition puis d’érosion de ces terres émergées sur le cours d’eau, Juliens traduit et ajoute les informations manquantes pour une meilleure compréhension de notre part.

                    

Nous avançons dans notre exploration de l’île et les espèces rencontrées s’enchainent, ici un Vanneau téro (Vanellus chilensis) qui déambule sur le sable en conservant une distance de fuite assez importante, dans les buissons un plusieurs espèces tel ce Todirostre tacheté (Todirostrum maculatum).

                   

Todirostre tacheté (Todirostrum maculatum).

                    

A quelques distances, un couple de Pics de Cayenne (Colaptes punctigula) un mâle de Sporophile à ventre châtain (Sporophila castaneiventris) dans les arbres, plusieurs Carouges loriot (Gymnomystax mexicanus) s’abreuvent puis vont se réfugier dans les grandes herbes hautes, très hautes.

                    

De petites et sympathiques Colombes rousse (Columbina talpacoti) au sol, se perchent sur du bois mort et s’envolent à notre approche, un sublime Bruant à front d’or (Ammodramus aurifrons) nous offre une observation magique.

              

Bruant à front d’or (Ammodramus aurifrons)

                    

Encore quelques pas et nous constatons que ce genre de biotope abrite également quelques espèces d’oiseaux-mouches pas tous identifiés tellement ils se déplacent rapidement et c’est peu de le dire.

                    

Sur le chemin du retour qui nous ramène vers notre canot, un Gravelot D’Azara (Charadrius collaris) fait des aller et venues en courant sur le sable, son attitude démontre qu’il tente de protéger un poussin que nous ne tardons pas à découvrir quand il se met en mouvement.

             

Gravelot D’Azara (Charadrius collaris)

                    

L’observation collégiale du poussin et de son parent dure quelques instants puis nous continuons notre route avec force de commentaires sur cette dernière miroise.

                 

Gravelot D’Azara (Charadrius collaris)  poussin

                    

il commence à se faire tard et décision est prise de rentrer à l’hôtel, reste qu’un ilot  au passage nous invite à une nouvelle excursion avec un débarquement un peu plus rock’ n’roll que le premier.

                    

La végétation y est aussi bien plus dense, cela n’empêche pas de voir des espèces déjà vues et d’ajouter entre autre le Mango à cravate noir (Anthracothorax nigricollis) judicieusement mis en évidence par Julien.

                  

Mango à cravate noir (Anthracothorax nigricollis)

                    

Une espèce de petit pic insulaire sera vaguement observé et ce sera notre dernière espèce pour ce périple fluvial.

                    

La remontée vers notre hôtel se fera avec un superbe couché de soleil et en toile de fond un volcan pour une journée presque parfaite.

               

Couché de soleil sur fond de volcan.

                    

1) Aigrette neigeuse

2) Ara macavouane

3) Hoazin huppé

4) Paroaré rougecape

5) Grand urubu

6) Tyrans quiquivi 

7) Martin-pêcheur vert

8) Troglodyte à miroir

9) Amazones aourou

10) Geai violacé

11) Ani des palétuviers

12) Martinets claudia

13) Buses à gros bec

14) Bihoreau gris

15) Cassique cul jaune 

16) Martin-pêcheur à ventre roux 

17) Vachers luisants

18) Toucans à bec rouge

19) Tyran licteur

20) Tityre gis

21) Tangara pillurion

22) Grand ibijau

23) Cassiques roussâtres

24) Pics à chevron d’or

25) Tyran pirate

26) Cassique cul rouge

27) Tyran quiquivi

28) Tangara des palmes

29) Tangara évêque

30) Sarcoramphe roi

31) Tangara à bec d’argent

32) Caracara à tête jaune

33) Hirondelles à ailes blanches

34) Vanneau téro

35) Todirostre tacheté

36) Pics de Cayenne

37) Sporophile à ventre châtain

38) Colombes rousse

39) Bruant à front d’or

40) Gravelot D’Azara

41) Mango à cravate noir

             

 

Saki hirsute (Singe)

Titi sombre (Singe)

 



09/07/2020
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