Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

Séjour en Équateur : Jour 11

                    

Comme tous les matins, je me réveille avant tout le monde, une douche et hop je passe dans les parties communes pour ne pas déranger notre chauffeur avec qui je partage la chambre.

                   

Je prends  mon ordinateur pour avoir une bonne idée des prises de vues de la veille malgré une longue partie sur la route et une averse torrentielle, mais un premier contact avec plusieurs espèces d’oiseaux mouches dont le géant.

                   

Il y a une bonne heure que je suis installé à la table basse à regarder mes photos quand un léger bruit attire mon attention.

                   

C’est une participante du voyage qui arrive toute étonnée de me voir là comme si c’était une chose anormale et après quelques réflexions désobligeantes à mon égard, elle me demande si j’ai vu quelqu’un d’autre.

                   

Avec malice, je lui rétorque que les gens de notre groupe qui voulaient partir faire une balade avec notre guide, sont déjà en chemin  depuis quelques instants.

                   

Elle me regarde avec effarement et maudit ceux qui ne l’ont pas attendu, de mon côté, je me réjouis intérieurement, il faut dire que cette personne qui a tout fait et a tout vu, agit avec un égoïste incroyable envers tout le monde en ne pensant qu’à son petit nombril.

                   

Elle finit par me demander dans quelle direction ils sont partis et je surenchéris en expliquant qu’il n’y a qu’une route qui arrive au ranch, alors il suffit  de la suivre et que la lueur des lampes de poche,  devrait l’aider à trouver nos compagnons.

          

Entrée de la proriété de l'Hacienda hosteria Guayatara.

                 

Elle sort, puis au bout de cinq bonnes minutes revient, en me déclarant qu’elle ne voit rien, qu’elle ne les trouve pas.

                   

Je décide d’arrêter la plaisanterie et lui dit que personne n’est levé en fait, elle ne me croit pas et retourne dehors, je suis partagé entre rire et insister pour lui dire la vérité.

                   

Au bout de vingt bonnes minutes la revoilà au moment où je range mon PC portable et le premier couple candidat à la promenade qui fait son apparition.

                   

De retour dans la grande salle je constate que  tout le monde soit quatre personnes est réuni alors que Julien ordonne le début  de la balade.

                   

Donc les uns après les autres, nous entamons le périple matinal et comme l’avait prédit notre guide la veille, notre première rencontre est avec le Cinclode à ailes marron (Cinclodes albidiventri) que nous observons à même la balustrade devant le parking de notre logement local ou sur la tête de

l'antenne parabolique.

                   

Cinclode à ailes marron (Cinclodes albidiventri)

                   

L‘espèce, pas furtive pour un rond se laisse miroiser facilement, le Merle géant (Turdus fuscater) quant à lui, n’est pas en reste, il est bien représenté dans ces montagnes.

                   

Avec le levé du jour, la vie diurne reprend ses droits et les espèces contactées nous ravissent à plus d’un titre comme par exemple le commun Bruant chingolo (Zonotrichia capensis) encore endolori par la température de la nuit.

               

Oreilles assez courtes pour un lapin!

                   

Dans un buisson tout proche, plusieurs Cataménies ternes (Catamenia inornata) commencent à chercher leur pitance, puis ce sont les premiers Synallaxes des Andes (Leptasthenura andicola) que nous accrochons du regard.

                   

Nous ne sommes même pas à 100 mètres des constructions que Julien avec autorité demande à tout le monde de se fixer, il vient de repérer une Grallaire de Quito (Grallaria quitensis).

                   

Grallaire de Quito (Grallaria quitensis).

 

L’oiseau a le bec charger de vers et semble vouloir continuer sa collecte, à n’en pas douter, une nichée attend impatiemment sa nourriture.

                   

Un lapin caractéristique du secteur reste tranquille à son approche, puis par petit bon successifs et sans précipitation, regagne le couvert des buissons.

                   

Le petit oiseau aux mœurs plutôt terrestre passe en sautillant à une quinzaine de mètres de nous sans même nous accorder la moindre importance en apparence.

 

De mon côté, je me dis que pour cette espèce de grallaire, nous n’avons eu besoin que du talent de notre guide pour la rencontrer.

                   

Il fait encore un peu frais, mais cela ne nous empêche pas de capter du regard un superbe mâle de Tohi à miroir (Atlapetes latinuchus) qui fait sa première toilette avant de débuter sa journée.

                   

Taurillon mésange (Anairetes parulus)

                

Plus loin,  un Taurillon mésange (Anairetes parulus) est aperçu chantant au bout d’une brindille, à quelque distance,  un autre individu lui répond.

                   

L’incroyable Porte-traîne lesbie (Lesbia victoriae) nous charme par ses formes , avec une queue qui fait au bas mot trois fois la longueur du corps et on se demande comment l’oiseau-mouche peut voler avec une telle vélocité.

                 

Porte-traîne lesbie (Lesbia victoriae)

                   

il y a un bon moment que nous avons quitté les limites de la propriété, un autre ornithologue nous à emboîté le pas, entendez par là un individu qui aime différemment les oiseaux que nous.

                   

 

En effet le chat du ranch doit être habitué à suivre les visiteurs, car il nous a collé au basques jusqu’ici, mais ce n’est pas vraiment lui qui cause de l’agitation dans les buissons autour de nous.

                   

Matou du ranch !

             

Alors que je suis monté sur un talus en bord de route, notre guide me prévient qu’un Pitajo à dos brun (Ochthoeca fumicolor) vient de se poser à quelques mètres de moi.

                   

Plus haut dans le ciel, de nombreux rapaces sont vus planant à des hauteurs sidérales pour mon 150/600,  on aura vraiment du mal à les reconnaitre tous.

                   

Reste que la Buse aguia (Geranoaetus melanoleucus) est en poste fixe, scrutant une partie de son territoire de chasse perchée sur un végétal inconnu de ma part.

                   

Arrivé au bas du vallon,  julien semble excité par ce qu’il vient de voir, deux Condors, rien de moins que ça, ils sont encore assez éloignés,  mais assez bien visibles tout de même.

                   

Buse aguia (Geranoaetus melanoleucus)

                 

L’idée de notre guide et de retourner au ranch, pour aller chercher les autres membres de notre équipé afin qu’eux aussi profitent des géants du secteur.

                   

Le chemin qui nous ramène au lodge grimpe sévèrement, mais nous avons le temps de revoir la buse de tout à l’heure avec un genre de rongeur local dans les serres, le rapace est harcelé par un plus petit, une Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius).

                   

Des passereaux sont aperçus, comme une Paruline à lunettes (Myioborus melanocephalus) et au-dessus de nous, des Caracaras caronculés (Phalcoboenus carunculatus) encore assez haut.

                    

Merle géant (Turdus fuscater)

                   

Le merle vu plus tôt, est maintenant nettement visible, pendant que quelques Colombes à ailes noires (Metriopelia melanoptera) picorent le sol d’un champ labouré en contrebas de la terrasse.

                   

Nous prenons rapidement le déjeuner, julien informe tout le monde de la marche à suivre pour le reste de la journée.

                   

Sur le parking, un cinclode est présent, il capture une palanquée de micro bestioles, apparemment lui aussi à des petits à nourrir dans les environs.

                   

Chardonneret de Magellan (Spinus magellanicus)

                   

Au moment de quitter les lieux, de petits cris attirent mon attention pour avoir la chance d’observer un groupe de Chardonneret de Magellan (Spinus magellanicus), l’espèce portant également le nom de « Tarin de Magellan » selon les auteurs.

                   

Après quelques minutes de transport, nous faisons une halte sur un point d’observation pour une miroise du fameux Condor des Andes (Vultur gryphus), c’est bien l’un des deux que Julien avait repéré plus tôt posé sur une saillie.

                   

Ils restent encore assez loin de nous, ici, les distances d’observations sont considérables pour l’observation de cette espèce, nous en sommes à envier le photographe qui se trouve de l’autre côté de la gorge juste au-dessus de la position des grands rapaces.

             

Condor des Andes (Vultur gryphus)

                   

Enfin, c’est l’envol, ils prennent des thermiques et montent en cerclant lentement,  l’un des deux planeurs  « s’approche »  de notre position, mais pas assez à notre gout, mais après tout, c’est la rencontre qui prime.

                   

Le Percefleur noir (Diglossa humeralis) bondit d’un buisson à l’autre, de temps à autre, il fait une pause avec une chance pour moi de pouvoir le pixéliser.

                   

Il en résulte un bon moment d’observation partagé avec des personnes du pays, nous reprenons la route pour  un autre spot, où nous y verrons dans un milieu différent le Cinclode à miroir marron, l’autre nom du même oiseau vu en premier ce matin.

                   

Nous repartons donc, pour aller à la rencontre de paysages grandioses, plus tard il nous est même proposé de faire une petite prospection pédestre le long d’une gorge pour contacter le Synallaxe flammé (Asthenes flammulata) sous la forme d’un superbe mâle chanteur.

                  

Synallaxe flammé (Asthenes flammulata)

                   

A quelques distances, ce sont des Phrygile gris-de-plomb (Phrygile unicolore) sur un buisson, plusieurs lapins dynamiques et une nouvelle scène de harcèlement d’un faucon sur un rapace bien plus gros que lui.

                   

Une nouvelle destination, repérée par Julien deux semaines plus tôt, pour des espèces vraiment particulières.

                   

Ici Il s’agit d’une petite balade proche d’un ruisseau pour tenter d’observer le Cinclode du paramo (Cinclodes excelsior) l’autre espèce du genre dans ce secteur.

                   

Je reconnais presque immédiatement  la petite maison en partie en ruine pour l’avoir déjà vu dans un site dédié à l’oiseau sur le net.

             

Colibri du Chimborazo (Oreotrochilus chimborazo)

                   

C’est là que nous découvrons le Colibri du Chimborazo (Oreotrochilus chimborazo)  un andémique du secteur.

                   

La plaine autour de l’édifice nous permet de rencontrer le Pipit du paramo (Anthus bogotensis) que la qualité de notre guide me permettra de photographier facilement plusieurs individus.

                   

Pipit du paramo (Anthus bogotensis)

                

Le cinclode du cru et tellement peu furtif qu’il se balade pratiquement entre nos jambes sans aucune frayeur ce qui permet évidemment une bonne lecture des critères diagnostiques.

                   

Ce n’est pas le cas du Dormilon à grands sourcils (Muscisaxicola alpinus) qui sans être vraiment farouche conserve une distance de fuite bien plus raisonnable.

                    

Cinclode du paramo (Cinclodes excelsior)

                   

Le colibri local nous offre l’observation de sa collecte de toile d’araignée pour la construction de son nid .

                   

Quelques instants avant de remonter dans le bus, j’aperçois des Hirondelles à ventre brun (Notiochelidon murina), je ne peux approfondir mon observation je fais donc quelques photos souvenir, le temps nous est compté me dit-on.

                   

Cette fois-ci, on est parti direction la Lagune de Mica, En route, une petite halte pour observer des « lamas » , puis notre chauffeur fait un autre arrêt pour nous offrir la miroise d’un Faucon aplomado (Falco femoralis) posé sur un piquet loin en contrebas de la route, mais parfaitement visible dans les jumelles.

                   

Sur un autre piquet et un peu plus loin, toujours en contrebas de la route, une Buse tricolore (Geranoaetus polyosoma) la même espèce qui était harcelée un peu plus tôt par une crécerelle en vol.

                 

Buse tricolore (Geranoaetus polyosoma)

                  

Arrivé sur la pampa, nous avons la chance d’observer assez longuement des Caracaras caronculés (Phalcoboenus carunculatus)  qui semblent passer le plus clair de leur journée au sol à rechercher leur pitance.

                   

Plus loin et simultanément des Mouettes des Andes (Chroicocephalus serranus), et des Ibis à face noire (Theristicus melanopis) ainsi que de nouveau, le Dormilon qui trône au-dessus d’un abri au bord de la route.

                   

Le plaisir de la  rencontre de ces quatre espèces à cette altitude n’est pas émoussée par la grosse bruine qui tombe en rafales même s’il faut sans cesse essuyer les oculaires des jumelles.

                      

Caracaras caronculés (Phalcoboenus carunculatus)

                   

Au poste de surveillance, nous obtenons le droit de passer et nous, nous dirigeons vers la lagune et juste avant le parking, nous observons une harde de cerfs qui vagabondent tranquillement.

                 

Paisible il prend la pause pour notre plaisir

                   

Mauricio nous trouve un local exigu pour la taille de notre groupe, mais qui nous permet de déjeuner en toute quiétude et surtout à l’abri des intempéries.

                   

Après notre repas, nous repartons dans notre prospection du site, des Phrygiles, des  gris-de-plomb qui parcourent les pelouses rases autour des bâtiments du complexe  de la lagune sont facilement observés.

 

Une nouvelle scène de harcelement dans les airs, et cette fois-ci, c'est une Buse à queue courte (Buteo brachyurus) qui en fait les frais.

                    

Buse à queue courte (Buteo brachyurus)

                   

Arrivé sur le lieu de stationnement,  nous descendons du bus et empruntons un chemin vers le bord de la lagune qui est à plus de deux cents mètres.

                   

C’est l’occasion de pouvoir contacter le Troglodyte de Latham (Cistothorus platensis) par la présence en ce lieu de plusieurs mâles territoriaux avec l’aide une fois encore du talent de julien.

       

                   

Il recommence à pleuvoir, d’abord une petite bruine et avec l’arrivée d’un groupe conséquent de collégiens assez animés, notre guide décide de continuer sur un spot moins fréquenté du plan d’eau.

                   

A travers le pare-brise embué, j’ai la chance de percevoir un mouvement  dans la végétation basse du bord de route, le bus s’arrête et nous avons le plaisir d’observer un Vanneau des Andes (Vanellus resplendens) dans de super conditions malgré l’ondée du moment.

 

Vanneau des Andes (Vanellus resplendens)

                   

De cette position en surplomb, mais assez éloignée de la berge, nous contactons au sol, la Sarcelle des Andes (Anas andium) fouillant les prairies humides, des Foulque ardoisée (Fulica ardesiaca) nageant proche bord.

                   

Sur l’eau, il y a également des Grèbes argentés (Poliocephalus poliocephalus) des Canards à queue pointue (Anas georgica) ainsi que plusieurs Cormorans vigua (Phalacrocorax brasilianus).

                   

                   

La pluie retombe de plus belle, je lâche l’affaire et je décide d’aller me réfugier dans le bus que Mauriciau a gentiment approché pour constater que mon matériel photo à pris l’eau^^.

                   

Tout le monde a regagné notre moyen de locomotion et notre prochaine destination et l’hébergement que nous avons visité la veille.

                   

Nous n’y resterons que quelques heures, le temps de prendre un chocolat chaud et surtout de revoir, le Colibri géant (Patagona gigas) dans de meilleures conditions qu’y hier.

 

Colibri géant (Patagona gigas)

                   

Julien me rassure en me disant que c’est de la condensation et que cela va disparaitre quand le matériel sera réchauffé.

                   

Dehors, un percefleur, encore un noir, est aperçu bondissant d’un buisson à l’autre, le porte-traîne également vu ailleurs sur le sentier de la balade matinale

                   

Colibri étincelant (Aglaeactis cupripennis)

                   

Un Colibri cyanote (Colibri cyanotus) fait son apparition au mangeoires pour notre plaisir, plus loin, ce sont des Tourterelles oreillardes (Zenaida auriculata) toujours pas paires ou par couples qui sont rencontrées.

                   

Le Merle, le géant par ici et enfin le  superbe Colibri étincelant (Aglaeactis cupripennis) seront les dernières espèces de la journée avant de repartir pour Quito et retrouver Malou  pour la suite de notre périple équatorien.

                   

Encore une journée merveilleuse pour un contact avec une quarantaine d'espèces d'oiseaux et quelques mammifères, mais surtout, le travail de reconnaissance de julien qui a encore porté ses fruits, haut la main.

                   

                   

1 Cinclode à ailes marron

2 Merle géant

3 Bruant chingolo

4 Cataménie terne

5 Synallaxes des Andes

6 Grallaire de Quito

7 Tohi à miroir

8 Taurillon mésange

9 Porte-traîne lesbie

10 Pitajo à dos brun

11 Buse aguia

12 Crécerelle d’Amérique

13 Paruline à lunette

14 Caracaras caronculés

15 Colombes à ailes noires

16 Chardonneret de Magellan

17 Condor des Andes

18 Percefleur noir

19 Synallaxe flammé

20 Phrygile gris-de-plomb

21 Cinclode du paramo

22 Colibri du Chimborazo

23 Pipit du paramo

24 Dormilon à grands sourcils

25 Hirondelle à ventre brun

26 Faucon aplomado

27 Buse tricolore

28 Caracaras caronculés

29 Mouettes des Andes

30 Ibis à face noire

31 Buse à queue courte

32 Troglodyte de Latham

33 Sarcelle des Andes

34 Vanneau des Andes

35 Foulque ardoisée

36 Grèbe argenté

37 Canard à queue pointue

38 Cormoran vigua

39 Colibri géant

40 Colibri cyanote

41 Tourterelle oreillarde

42 Colibri étincelant

                     

Cerf

Lapin

 

 



20/05/2020
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