Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

le lac du Der

 

Sortie au Lac du Der de la section ornitho.

07 novembre 2010

 

Ce matin, tel un chrono suisse, le carillon sonne pille à l'heure, il est actionné par mon chauffeur pour ma première sortie et donc sortie ornithologique depuis début septembre suite à mon petit pépin de santé.

En effet, la sortie de la section ornitho à tout de même lieu malgré l'hospitalisation de Ghislaine et l'absence de catherine, donc Christian et son épouse sont venus nous chercher Henriette et moi pour la ballade au lac du Der, car c'est lien là-bas que nous allons nous rendre.

Là solidarité de l'équipe marche à fond pour le covoiturage de toutes façons, il m'est interdit de conduire pour le moment !

Donc nous prenons un dernier café, chargeons la voiture alors que le jour est levé déjà depuis un certain temps et c'est le départ.

Alors que le paysage défile monotone sur l'autoroute, apparaissent de loin en loin quelques Buses variables (Buteo buteo)  au sommet de leur piquet comme autant de sentinelles sur notre passage, pour nous indiquer la bonne route à suivre ainsi que des vols de Vanneaux huppes (Vanellus vanellus) par centaines, mais aussi des nuages de sansonnets décollant à la moindre alerte avec de temps à autres des corneilles noires (corvus corone) qui traversent le ciel plombé.

Le voyage allé se fait dans une bonne ambiance malgré les averses assez sérieuses et les humeurs quelques peu aléatoires de mon gadget pour le télépéage.

Le travail de recherche rigoureux de Ghyslaine donne déjà ses premiers résultats en la matière, nous arrivons directement sur le parking de l'observatoire ou nous retrouvons les membres de notre équipée en Champagne-Ardenne.

A peine descendu de la voiture, une visite de l'observatoire où nous nous installons un instant en attendant de pouvoir récupérer nos chambres situées à une vingtaine de kilomètre  et les premières observations sont là.

 

 

Il y a déjà pas mal de Grues cendrées  (Grus grus), tant mieux, c'est elle que nous sommes venus  voir, en contre bas, une poche d'eau de plusieurs centaines de mètres carrés accueil des colverts épars de-ci de là, des Sarcelles d'hiver (Anas crecca) en grand nombre, quelques laridés d'on des Mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus), plusieurs Cygnes tuberculés (Cygnus olor), une dizaine de cormorans, des grands ! Ainsi qu'une femelle de Tadorne casarca (Tadorna ferruginea)  bien loin de sa route de migration  habituelle et enfin un Foulque macroule (Fulica atra) un peu isolé.

Un groupe d'une dizaine d'Oies cendrées (Anser anser) vient se poser sur une zone herbeuse à la gauche de notre position de miroise et commence à brouter tranquillement ce qui semble donner confiance à une paire mâles de Faisans de Colchide (Phasianus colchicus) encore mieux deux Courlis cendrés (Numenius arquata) nous gratifie d'un festival juste devant l'observatoire avec des posés entrecoupés d'envols, sublime !

Nous allons sur le bord de la cale de mise à l'eau  et nous commençons de nouvelles observations, comme à notre habitude, nous offrons la possibilité de miroiser ce que nous voyons à travers  nos longues-vues à des gens totalement inconnus qui n'en possèdent pas , juste pour voir un sourir, il y a là des ornithologues bien sûr, mais aussi des curieux, la population des observateurs est cosmopolite, sont présent des Belges, des Allemands, des Hollandais, quelques Anglais un couple d'Italien et bien sûr des Français.

Les Grandes aigrettes (Casmerodius albus), garzette et Héron cendrés (Ardea cinerea) viennent s'ajouter à la liste des espèces déjà vues ainsi qu'une myriade de petits limicoles non identifiable aux vues de la distance trop importante.

Jusqu'à sept Spatules blanches (Platalea eremita) seront aperçues  par nombres d'observateur éblouis de cette apparition.

Nous avons même la chance de pouvoir admirer un Pluvier doré (Pluvialis apricaria) au contact de plusieurs vanneaux dans une espèce de grande cuvette d'on il a la même couleur que le sol qui la compose et qui se trouve bien sûr immergée quand le lac réservoir est à son plus haut niveau en été, mais il est dans les quatorze heures et nous décidons tous de partir pour le haras où nos chambres nous attendent.

Les véhicules quittent le parking les uns après les autres, nous apercevons des bisets et pas mal de ramiers qui  filent droit en direction du sud et quelques Tourterelles turques (Streptopelia decaocto) quand nous traversons les villages sur notre route.

Par ici, les corvidés présents dans les champs sont plutôt des freux, il y en a partout et en quantité, presque un par poteau, mais pas de corneilles, à un moment Christian nous montre un groupe de cinq grues assez près, trop près même et nous n'avons pas d'appareil photo sous la main, dommage, elles sont superbes au moment du décollage, tellement belles que nous ne voyons qu'au dernier moment une autre famille de grues tout aussi proches, mais voilà ce sont des oiseaux farouches et à la moindre suspicion ils prennent le large d'un vol puissant et déterminés.

Alors que nous ne sommes plus qu'à quelques kilomètres de notre destination finale, sur les petits arbres qui bordent une intersection de campagne, une nuée de fringiles difficile à chiffrer s'envole, fait un écart de quelques dizaines de mètres vers la gauche en traversant au-dessus de la route pour revenir se poser un peu plus loin, il y a là des Pinsons des arbres (Fringilla coelebs), des Verdiers d'Europe (Carduelis chloris) et surtout plusieurs Pinsons du nord (Fringilla montifringilla) !

Une fois arrivé au haras, nous nous installons respectivement dans nos chambres, la pluie qui ne cesse de tomber nous cloue pour l'après-midi dans la grande salle, mais les discutions sont animées et au dehors une palanquée de Moineaux domestiques (Passer domesticus) virevolte entre les goutes . 

Nous recevons des nouvelles de l'état de santé de Ghislaine, elle nous manque franchement en ce moment ainsi que les autres membres de la section qui n'ont pus se libérer pour cette sortie automnale dans l'Aube.

Un groupe de jeune gens arrive, aux vues de leurs équipements, tant des vêtements que du matériel, ce sont bien des ornithos, ils sont dans un de ces états !

Trempés de la tête aux pieds, ils conservent néanmoins une franche bonne humeur et après être passé à la douche à tour de rôle, reviennent préparer leurs repas du soir ils feront une tartiflette et nous une raclette, par ce temps là rien de tel qu'un bon plat chaud et hyper calorique pour tenir la distance.

 

 

Nos charmants jeunes voisins nous montrent des photos prises sur l'île d'Ouessant lors du séjour de certains d'entre eux  la semaine précédente, ils nous indiquent également la présence de certaines espèces qu'ils ont aperçues sur le lac et leurs quantités, ils sont vraiment sympathiques.

Le repas terminé, le café ou le thé pris, nous allons nous coucher demain nous nous levons tôt, les gamins du groupe d'à côté nous ont donné quelques tuyaux supplémentaires, eux restent, leurs réserves d'énergie ne semble pas en manque, nous nous allons passer un moment avec Morphée pour récupérer !

Malgré la pluie importante qui est tombée une partie de la nuit, le sommeil fût récupérateur pour certains d'entre nous, moins pour d'autres !

Il est tôt, très tôt dehors il fait nuit noire, nous prenons le déjeuner dans une ambiance bon-enfant, puis, c'est le départ vers le Der et ses mythiques envol de grues matinaux  !

Il fait toujours nuit noire, soudain un gros « truc » se pose dans l'herbe du bas côté, mais son identification ne sera pas possible, par contre à la sortie d'un village, les phares de notre véhicule éclairent la forme caractéristique d'une superbe Effraie des clochers (Tyto alba) en forme assez  sombre qui se redresse, prête à l'envol, car notre voiture roule tout doucement, mais cette apparition fugace s'évanouie dans la pénombre et nous poursuivons notre route, c'est que nous avons un but tout de même, s'agirait pas d'arriver en retard !

Mais non, nous sommes à l'heure, quand nous arrivons sur le parking de notre futur poste d'observation, celui-ci et toujours plongé dans l'obscurité, mais il y  a déjà des cohortes de voiture garées fort heureusement nous trouvons tout de même les dernières places disponibles.

Une petite bruine commence à tomber, nous décidons d'aller nous installer dans l'observatoire, au passage, nous notons la présence de nombreux observateurs alignés comme des petits soldats attendant un assaut de front.

Par chance, l'observatoire est quasi désert, nous n'avons que l'embarras du choix pour nous trouver une bonne place, à l'extérieur le bruit et étrange, le cri des grues est atténué, presque feutré par celui de la fine pluie qui tombe tout de même en continue, là-bas on distingue la ligne des amoureux de l'agente ailée qui stoïquement résistent à l'averse.

Petit à petit, le jour grignote sur la pénombre, l'obscurité se fait moins sombre et les ténèbres font places à la lumière progressivement, les formes se dessinent, les longues-vues sont installées en batteries et les échanges de jumelles vont bon train pour obtenir des comparaisons de luminosités, bien sûr, le modèle de Christian , des Swarovski  10X 40 remporte la palme !

Au dehors, le chant des échassiers monte crescendo, la vision se fait plus sûre, les cormorans sont les premiers à décoller, des corbeaux   sillonnent le ciel, dans le buisson alentour, un Rouge gorge familier (Erithacus rubecula) répond à un autre stationné plus loin des Merles noirs (Turdus merula) bondissants passe d'arbre en arbre comme si eux aussi voulait participer à la féerie imminente.

A quelques encablures de là, la cacophonie monte d'un cran, quelques individus prennent leurs essors puis de plus grands groupes. Dans l'observatoire, c'est la frénésie, à chacun de montrer une direction, elles décollent de partout, d'abord timidement ensuite ce sont de longues files de plusieurs dizaines d'oiseaux et enfin par centaines qui partent pour les zones de gagnage.

 

 

Le spectacle dure un bon moment, l'heure avance, nous sortons de l'observatoire avec des commentaires plein la bouche, tout à nos observations, nous ne nous étions pas aperçus que la fine bruine c'était changé en averse soutenue.

 

 

 

Nous décidons tout de même d'aller faire un tour dans l'observatoire de l'autre côté de la route, il est à peine à 300 m, mais alors qu'arrivé justement de l'autre côté de la route ou un rassemblement de huit à dix  Roitelets huppés (Regulus regulus) semblant nous attendre, s'ébattent dans les buissons devant nous à moins de deux mètres de nous et parfaitement visible, la pluie redevenue vraiment abondante nous interdisant toutes observations  dans de bonnes conditions à raison des plus motivés d'entre nous !

Devant nous d'un arbre, décollent quelques Chardonnerets   élégants (Carduelis carduelis) un Accenteur mouchet (Prunella modularis) se réfugie dans une haie.

Nous rentrons au haras où nous de façon collégiale, nous décidons de faire un repas chaud avec les restes (somptueux) de la veille, les filles, font une purée gratinées d'on il ne restera rien tellement elle fut bonne, durant le repas, les commentaires sur les observations de la matinée vont bon train.

Joëlle qui avait préparé plusieurs cakes surprendra par le goût un gourmand qui avait pris des olives noires pour des pépites de chocolat, mais qui en reprendra tellement il fut succulent.

Mais bien sûr, tout à une fin et il faut songer à rentrer, la vaisselle faite, les clés rendues et les bagages chargés, c'est le moment du départ, un véhicule rentre directement sur Paris, l'autre va vers la vielle église de Giffaumont  pour y faire d'autre observation, nous nous allons vers le lac Amance dans le but de tenter le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) que mal heureusement nous ne verrons pas.

Une petite halte en route nous permettra d'entendre un pic épeiche (Dendrocopos major)  d'apercevoir une ronde de presque vingt Mésanges à longues queues (Aegithalos caudatus) dans une lumière épouvantable, de rencontrer une ornithologue avec qui nous aurons une conversation intéressante et à qui je laisserais mes coordonnées.

Nous reprenons la route vers l'observatoire du lac de la forêt d'Orient où il n'y aura pas de nouvelle observation si ce n'est la présence de mésanges, bleues et charbonnières.

C'est le retour à la maison avec une alternance des chauffeurs comme à l'allé, nous avons le choix du roi.

Ce fût donc une superbe sortie malgré une pluie tenace, des points forts tant sur l'observation à proprement parler avec un peu plus d'une trentaine d'espèces observées que sur la convivialité des moments partagés ensemble, du travail de Ghislaine pour que le séjour se passe au mieux, mais aussi des plats préparés par les filles de la section sans les quels les repas n'auraientt pas eu la même saveur.

Nous  sommes plusieurs à penser  que notre section a de beaux jours devant elle.

D'ailleurs quelques éléments de discussion ont déjà été établis pour la prochaine réunion de la section.



21/11/2010
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