Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

la section ornitho se déplace en Hollande

Sortie en Hollande

de la section ornithologique

Hispano-Suiza

février 2012

 

Ce matin, c'est le grand départ, la section ornithologique se déplace en Hollande, excusez du peu !

Le premier point de rendez-vous et sur la ville de Gand (Gent) en Belgique.

Marylène et bob, sont déjà à Bruges ils nous rejoindront plus tard dans la soirée.

Ghyslaine quant à elle est partie un peu plus tôt dans la matinée, de  notre côté, Henriette et moi, n'avons aucune  appréhension pour les 300 km de route, en effet, nous ne prendrons pas notre Espace Renault qui est devenu peu fiable et malgré un entretien par la marque, consomme allègrement du 15 litres minimum au 100 km à 110 km/h.

Nous ferons le covoiturage avec Joëlle et Christian et  donc à l'heure dite, notre équipée démarre tranquillement sous un soleil radieux, ici, sur la région parisienne, il fait frais, mais  le temps est splendide.

Sur l'autoroute, le paysage est plutôt monotone, les oiseaux se font rares, une buse variable (Buteo buteo) ici ou là sur un poteau, quelques vols d'Etourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris), mais rien de transcendant, nous décidons de nous arrêter pour une halte technique et en profiter pour grignoter un morceau.

Comme sur presque toutes les aires d'autoroutes, des myriades de Moineaux domestiques (Passer domesticus) quelques fringiles sous la forme de Chardonneret élégants (Carduelis carduelis), Verdiers d'Europe (Chloris chloris) et autres Pinsons des arbres (Fringilla coelebs), également des corvidés, Pies bavardes (Pica pica) , Corneilles noires (Corvus corone) et Corbeaux freux (Corvus frugilegus).

 

Les discutions vont bon train dans la voiture et le temps passe rapidement malgré la distance, la secrétaire de la section nous appelle pour nous demander où nous sommes, car elle est arrivée, elle commence à visiter la ville superbe à ses dires.

Malheureusement, M. et Me Mauhé restent bloqué pour le moment à leurs domicile, en effet un problème majeur sur le système de chauffage à mit leur chaudière en panne, ils attendent le réparateur, qui ils l'espèrent pourra les libérer au plus tôt.

Alors, quand nous arrivons sur place, une  bonne surprise vue de ma fenêtre nous est réservée, Gent est en Flandres, mais à l'accueil, la personne qui nous reçoit le fait en langue française.

Même si en ce qui nous concerne, nous avions réservé nos chambres pour certains d'entres nous par internet, le fait de dialoguer dans notre langue est fort appréciable pour obtenir quelques adresses de restaurants dans le secteur touristique de la ville de gent.

Une fois nos chambres prises et nos bagages déposés, nous sommes rejoints par Ghyslaine qui nous propose de faire un petit tour en ville en attendant l'heure du repas.

En quittant l'hôtel, nous longeons un bassin portuaire, où quelque Harles piètes (Mergellus albellus) sont stationnés, nous reviendrons là si possible.

La personne de l'accueil de l'hôtel ne nous a pas menti, les façades des maisons intra-muros, sont superbes, nous arrivons dans le quartier des églises.

A croire que tout l'épiscopat de plusieurs époques a décidé de construire ici, il y a une multitude d'édifices religieux, superbes d'architectures aux tailles assez conséquentes.

Les Pigeons biset (Columba livia), ressemblent comme deux gouttes d'eau à ceux de notre capitale,  il y a également des Choucas des tours (Coloeus monedula), en très grands nombres, surtout aux alentours du château, nos  pérégrinations continuent en attendant l'heure où nous retrouverons le troisième couple de la virée.

En effet, ce voyage ornithologique, monté de longue date,  comme toutes les destinations et pour tout le monde, qui sont prévus à longues échéances, ont un point commun qui n'est pas maîtrisable, c'est la météo !

Nous sommes en hiver, en Belgique et comme chacun s'en aperçois, nous sommes en pleine vague de froid quasi polaire,  en plus celui-ci est poussé à travers l'Europe par un vent sibérien qui accentue la sensation glaciale.

Mais haut les cœurs, on est là pour voir des oiseaux, on y est, on y reste. Enfin, nous sommes rejoints par Marylène et son époux, après les câlins d'usages, nous cherchons un point de restauration et finissons par jeter notre dévolu sur l'un d'entre eux  près du canal.

Joëlle,  se remet de ses émotions suite à l'accident de la circulation, auquel nous avons été témoins  en sortant du parking où nous avons déposé notre voiture.

Ce n'est vraiment pas la soirée de Ghyslaine, en effet elle s'en rappellera du restaurant le Picardie à Gent, un véritable guet-apens  on peut même parler de poisse, ou encore de scoumoune !

En venant déposer la sauce d'un plat sur la table, la serveuse arrose copieusement ses vêtements et notre Gigi échappe miraculeusement à un shampoing improvisé, quant à son plat principal, pas de doute, ses moules frites ont été ramassées sur la plage.

Elles sont croustillantes à souhait, tellement il y a de silice dedans et cerise sur le gâteau, elle se ramassera une gamelle en se rendant aux commodités en fin de repas pour cause de marche de tailles différentes en bas de l'escalier.

Mais bon après une visite nocturne de la ville et de l'abord de ses canaux nous ramenons notre rescapée à l'hôtel pour une nuit de récupération bien méritée pour effacer toutes ses émotions c'est que demain matin, on se lève assez tôt.

En fait, très tôt, Ghyslaine et moi avons décidé d'aller voir si l'on peut revoir les harles aperçus la veille, donc chacun de son côté, on se lève vers quatre heures et demie, puis après une douche à la température douteuse, je la rejoins au point de restauration pour un petit-déjeuner tranquille, c'est que dehors, il fait encore nuit !

Nous sommes bien couverts et avons emmené nos paires de jumelles, la première chose qui nous saute tant à l'esprit qu'au visage quand nous sortons de l'hôtel, c'est le froid, avec un F majuscule, il pèle sévère, voir plus que cela !

Il faut être complètement givré pour sortir voir des piafs par cette température, mais bon, passion quand tu nous tiens, que faire d'autre que de céder à tes caprices !

En attendant, après avoir gratté le pare-brise de la voiture de mon chauffeur du moment, nous nos dirigeons vers la zone portuaire pour tenter la miroise des anatidés aperçus la veille.

Il fait franchement sombre encore à cette heure là, première surprise, les trois quarts du port sont pris par la glace, à cette heure là que très peu de circulation sur la route jouxtant les infrastructures navales et donc pas ou prou de bruit dans le secteur.

La surface de  l'eau gelée scintille du fait des lumières des navires à quai dont les feux de position sont allumés, le chant de la glace nous fait oublier un peu le froid intense qui nous pique le visage.

Des formes mobiles, sont repérées et  mes Swarowski 10X50 font merveilles, reste que la déception est bien là, ce ne sont pas les harles, mais une petite bande de cinq Foulques macroules (Fulica atra), qui nous fuient en marchant sur la surface solidifiée par le gel, avant de rejoindre une zone d'eau libre.

Nous prospectons encore un moment, mais justement le temps passe, nous devons rejoindre le reste du groupe, sur le retour jusqu'à la voiture, nous hâtons nos pas qui crissent dans l'épaisseur de la couche de neige.

Dernières mises au point et nous partons pour la Hollande et la fameuse province du Zélande, sur le premier site de prospection, en chemin, des laridés à l'unité ou en paquet, un Faisant de Colchide (Phasianus colchicus), au bord de la route, un autre en plein champ, nous en verrons plusieurs durant la balade.

                            

Arrivé à Colijsplaat, premier constat, tout est gelé, mais à tel point que le canal sert de piste de patins à glace, l'eau entièrement prise par la glace avec les patineurs en train d'évoluer dessus, peu de chance de voir des piafs et pourtant, des Gallinules poules d'eau (Gallinula chloropus) tentent tant bien que mal de trouver leur pitance ou de prendre un peu de soleil !

Nous errons quelques instants dans le secteur, puis nous décidons de nous rendre au port, plusieurs espèces, sont présentes, Canards colvert (Anas platyrhynchos) , Canard chipeau (Anas strepera), une femelle de Canard pilet (Anas acuta) , sans mâle, un Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), joue au sous-marin en passant sous les plaques de glace.

Seuls les trois photographes du groupe mettent le nez dehors pour quelques prises de vues épiques, nous déplaçons les voitures pour venir sur la digue, la marée est basse et donc les oiseaux sont assez éloignés.

Les plus courageux décident malgré tout de braver le froid intense, un important vol de Grands cormorans (Phalacrocorax carbo) passe au-dessus de nous, en contre bas, les foulques qui broutaient s'envolent sur quelques dizaines de mètres pour venir se poser sur les rares flaques d'eau libre entre les bateaux de plaisance.

Ici, le froid n'est pas que ressenti, comme la nouvelle mode qui sévie au journal de la météo en France, il est bien visible, les glaçons présents sur les cordages des voiliers de plaisance, sont placés à l'horizontale ! 

Sur la première digue, des Goélands marins (Larus marinus), bruns et argentés, quelques bécasseaux décollent, ils filent au ras des flots pour aller se poser au pied de la seconde jetée, les Huitriers pies (Haematopus ostralegus) , sont tranquillement en train d'arpenter les vasières.

Plusieurs limicoles sont là aussi, manifestement, il n'y a rien d'autre, nous rebroussons chemin pour aller prospecter la deuxième partie de la protection du port, ici, la récolte, est meilleure, Courlis cendrés (Numenius arquata), Pluviers argentés  (Pluvialis squatarola), Bécasseaux violets (Calidris maritima) .

A quelques mètres, ce sont des Bécasseaux sanderling (Calidris alba) , un petit paquet de bécasseaux variables (Calidris alpina), puis plus loin et de l'autre côté, une grande troupe de Canards siffleurs (Anas penelope), certains sur le sable, d'autres bercés par les  vagues du ressac.

Il y a également des Chevaliers gambette (Tringa totanus), dont un planté dans l'eau, imperturbable tant aux mouvements de la marée qu'à la température très basse même pour un habitué.

Le froid est tellement intense ici, que je finis par me retrouver seul avec Marylène, il nous reste deux cents mètres pour rejoindre le confort des  voitures, j'ai le visage complètement engourdi que je n'arrive plus à sortir un mot correct, ce qui fait rire de bon cœur mon accompagnatrice du moment qui m'offre tout de même quelques paroles de réconfort.

Nous décidons de poursuivre sur un autre spot, ce qui nous surprend agréablement encore une fois, c'est qu'à chaque intersection où il n'y a pas de véhicule sur l'axe transversal, notre feu se met au vert automatiquement, nous pourrons le vérifier à moult reprises.

Autres détail qui nous a frappé, il y a des patineurs partout, c'est vrai que nous sommes samedi, mais quand même, que ce soit dans les villages, ou en campagne, tous les points d'eau gelés sont investis par une multitude de personnes de tous âges qui évolue sans se soucier outre mesure des rigueurs du climat.

A un moment, nous verrons un groupe de plusieurs dizaines de canards posés à même la glace alors que des gens glissent en patins autour d'eux.

Puis nous arrivons sur la digue de l'Oesterdam ici, les huitriers sont en nombres, ainsi que les courlis, quelques pluviers, encore des  argentés, arrivé sur la fin de circulation, nous apercevons les Bruants des neiges (Plectrophenax nivalis).

Il faut quand même dire qu'un ornithologue hollandais, nous les met sous le nez en s'adressant à nous en français.

A quelques  encablures du rivage, des Garrots à œil d'or (Bucephala clangula), sont en groupe,  plongeant à tour de rôle, un peu plus loin, c'est un couple de Harles huppés (Mergus serrator).

Nous décidons de chercher un coin pour manger, à peine reparti,  une buse posée au bord de la route décolle pour aller à quelques centaines de mètres de là, se poser sur un cadavre à même la glace, nous nous approcherons avec les voitures, mais les photos ne seront pas fameuses par contre, c'est l'occasion d'observer un Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) tout proche !

         

Un peu plus loin, ce sont des Oies rieuses (Anser albifrons) qui sont là, tranquilles en train de brouter, puis, erreur de point GPS, nous nous poserons sur un parking, du côté droit de la route un  homme tente de faire partir, un cerf-volant auquel il est accroché pour entrainer son traineau, mais à ce moment-là, le vent est des plus calmes.

Du côté gauche, nous pouvons observer le décollage en masse de plusieurs centaines d'anatidés qui nous survolent, il y a là, des Bernaches nonettes, (Branta leucopsis). Il est quasi impossible de les compter toutes, il y a aussi des Oies cendrées (Anser anser) et rieuses, les petits canards plongeurs ne sont pas en reste, à quelques distances, les Fuligules morillons (Aythya fuligula), sont bien représentés ainsi que les Fuligules milouins (Aythya ferina), plusieurs couples de Canards souchets (Anas clypeata)  fusent par deux ou quatre il y à également des Sarcelles d'hiver (Anas crecca), le spectacle est grandiose.

Reste que c'est bientôt l'heure de se restaurer, je dirige notre petit groupe vers Tholen et nous choisissons le Hof van Holland, nous faisons bien, malgré la barrière linguistique, tout le monde fait des efforts.

Ceux de notre groupe qui pratiquent l'anglais arrivent à communiquer, une cliente du restaurant entame la conversation avec l'une d'entre  nous en français approximatif, mais tous à fait compréhensible ce qui nous aide dans le choix des plats, et pour le repas, le chef de cuisine nous fait l'honneur de revenir et de nous concocter un repas sublime.

                        

Le souvenir restera graver un bon moment dans l'esprit de chacun, il me semble tellement l'ambiance était bonne.

Je demande de suite une carte du restaurant pour ne pas oublier, rien à voir avec le service de la veille, nous partons presque à regret.

Comme Marylène c'est aperçue qu'elle avait perdue son écharpe durant une halte, nous décidons tous de faire demi-tour afin de tenter de la retrouver, c'est plus sentimental que de vraie valeur marchande et nous avons à cœur de lui faire plaisir.

Nous cherchons en vain, puis de retour sur la digue, nous en profitons une nouvelle fois pour miroiser, christian m'interpelle, un rapace sur un caillou au bord de la chaussée  devant la voiture immédiatement je le situe, alors qu'il décolle.

C'est un Faucon émerillon (Falco columbarius) un instant plus tard, un groupe de gros canards sombres nagent en contrebas de la route, c'est vrai que la marée est montée depuis ce matin, les gros anatidés noirs, sont en fait des Bernaches cravant (Branta bernicla) les premières que l'on voit.

Les petits Tournepierres  à collier (Arenaria interpres), sont posés à quelques mètres de la voiture, ainsi que des courlis, et bien sûr les huitriers, nous continuons le chemin pour aller au bout de la jetée, la seconde voiture nous rattrape à ce moment là, ils n'ont pas retrouvé l'écharpe de Marylène, je propose de regarder là ou presque tout le monde est descendu, mais elle y renonce.

Un dernier coup d'œil sur les bruants des neiges, pour m'apercevoir qu'il y a des Linottes à bec jaune (Carduelis flavirostris) avec eux, une coche pour moi, à ce moment, un groupe d'une quinzaine de cygnes amerrit, ils ont une partie du bec jaune, mais sont trop loin pour une identification assurée alors que la voiture roule pour le retour sur Gand.

Tout le monde à l'air ravi de cette journée de miroise, les caractères forts ont su diriger le groupe et nous avons ramené tout le monde sain et sauf. Nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer un peu, c'est qu'on a fait pas mal de route tout de même.

Il n'est pas question un instant de retourner au Picardie, alors le soir venu, nous déambulons à la recherche d'un restaurant, le repas de midi vraiment copieux et  pris tardivement n'engage pas l'appétit pour certains d'entre nous, les avis divergent et nous perdons un peu de temps à choisir sous les yeux de Ghyslaine transie par la fatigue et le froid,  presque à l'agonie.

Enfin Bob et christian trouvent un pub  ouvert qui peut nous accueillir, c'est extrêmement bruyant, mais un havre de paix s'offre à nous, sous la forme d'une petite salle en alcôve qui attenue bien le bruit ambiant. 

Chacun prend une consommation, une soupe, un gros hamburger végétarien et un Irish coffee finiront de ramener Ghyslaine à la vie, pour ma part, je prendrais également un hamburger, mais j'aurais un peu de mal à le finir.

Nous retournons à l'hôtel le lendemain, tout va de travers, trahi par la technologie, j'ai du mal à trouver les autres spots que nous nous étions fixé, là-dessus les petits problèmes de maintenance pour trouver de l'essence finissent par se régler, mais la neige commence à faire son apparition, et comme nous ne sommes pas équipé contre ce genre d'intempéries, nous décidons de façons collégiales de rentrer en France.

Sur le retour, le groupe est séparé, et nous nous retrouverons plus tard miraculeusement sur une aire d'autoroute à la surprise générale pour un dernier repas ensemble.

Puis nous nous quittons, christian et Joëlle nous ramène à la maison et le constat de ce séjour commence immédiatement, à commencer par le regret que M et Me Mauhé n'aient pus nous rejoindre en définitive et d'un meilleur choix de matériel GPS pour la prochaine sortie grande distance.

Reste que tous les participants semblèrent ravis et intéressés de cette balade hollandaise,  une coche pour moi, plusieurs pour les autres membres du groupe, dont quatre ou cinq pour Gigi.

En conclusion, la plupart des belges avec qui nous avons conversé en Flandres, se sont montrés très courtois, les hollandais encore plus si c'est possible, pas mal d'espèces au rendez-vous, et malgré le froid intense, nous y sommes allés, en définitive, on fera mieux la prochaine fois avec une dernière pensée agréable pour les décors d'eau de mer pétrifiés.



14/03/2012
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