Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

Ils risquent leurs vies à chaque sortie pour nous et notre patrimoine

 

Ils risquent leurs vies

à chaque

 sortie pour nous et notre patrimoine

 

               

Depuis plusieurs années nous prenons nos vacances estivales en Ardèche  et ensuite nous descendons encore un peu pour aller passer quelques jours chez des amis à Belvèzet.

 

Bien sûr, même si le côté ornithologique de la chose est intéressant  pour moi du fait de l'avifaune typiquement méditerranéenne, le mois d'aout n'est tout de même pas la meilleure période pour prospecter les garrigues et autre zones buissonneuses à la recherche de telle ou telle espèce de fauvette non présente au nord de la Loire.

 

La deuxième partie d'aout, est marquée par la sécheresse dans cette région, de plus la chasse au sanglier a débuté depuis un bon moment déjà et donc pas question de se balader en mode furtif et à pas de loup pour surprendre ici une Fauvette là des Gobemouches, gris ou noirs, ailleurs une tourterelle des bois.

 

Chaque jour, c'est le même rituel ou peu s'en faut, je vais me balader après une douche, au retour je prends mon déjeuner, souvent nos amis font de même.

 

 

Tôt le matin, je pars  donc en promenade sur les routes autour du village avec mon appareil photos et mes jumelles et malgré la chaleur naissante, l'ambiance reste agréable, les paysages sont splendides, il n'y a que peu de bruit si ce n'est le passage d'un avion en altitude de temps à autre, ici tout est quiétude et sérénité, car il n'y a pas trop d'activité humaine à cette heure-ci.

Cette année, des Gobemouches noirs (Ficedula hypoleuca), il y en a partout, pas moins de quarante-huit en une seule balade matinale, mon record personnel.

 

                  

Au loin j'entends en provenance du versant d'une colline, le son du cor du début de traque pour la chasse au cochon, ici comme ailleurs, si ce mammifère opportuniste n'était pas régulé, il pullulerait au grand dam  des agriculteurs et autres usagés, c'est qu'en trop grand nombre, cet animal peut provoquer de gros dégât parfois de plus il me semble que cette espèce peut multiplier jusqu'à deux fois ses effectifs d'une année à l'autre.

Un jeune Geai des chênes (Garrulus glandarius), vient se percher juste à côté de moi, plus loin deux poules faisanes Colchide (Phasianus colchicus), décollent du bord de la route pour survoler un champ de chaume.

Les Guêpiers d'Europe (Merops apiaster), se font discret, j'en entendrais fréquemment mais n'en verrais que très peu, je finirais par voir la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator)  dont je me plaignais de l'absence dans le secteur à mon hôte.

A un moment, j'entends un cri que je ne reconnais pas, qui pourrait se traduire de la façon suivante, têêc rérérérérér, plutôt roulant, venant d'assez haut dans les arbres, un même cri, sera rendu à environ cinquante mètres de là, puis répété plusieurs fois chacun.

Je prends l'initiative de me diriger vers l'un d'eux, mais il cessera complètement alors   que je serais à environ 20m, je n'ai pas vu l'oiseau émetteur de ce chant, mais je l'imagine assez gros vu l'ombre furtive que j'ai aperçus fuyant à mon approche.

Un Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), virevolte dans un buisson, plusieurs Chardonnerets élégants (Carduelis carduelis), passent d'un sommet d'arbre à un autre.

La sécheresse, elle est bien présente dans le Gard, aussi je préfère rester sur les petites routes goudronnées de la commune plutôt que de m'enfoncer dans les chemins de terre et je peux constater que les Moineaux domestiques (Passer domesticus), sont légion ici.

Il y a aussi un nombre encore assez conséquent de Martinets noirs (Apus apus) ainsi que d'Hirondelles rustiques (Hirundo rustica), j'en ai même vu plusieurs sur des nids en train de nicher encore en deuxième quinzaine d'aout.

                    

 

Une paire de Circaètes Jean-le-blanc (Circaetus gallicus), évolue très haut dans des jeux aériens et des simulacres de combat dans les airs, toutes serres en avant, certainement de jeunes rapaces en phases d'apprentissages à moins que ce ne soit un genre de parade post-reproduction d'adultes.

Après la deuxième quinzaine d'aout, la plupart des migrateurs sont déjà partis, restent les sédentaires ainsi que les jeunes de l'année qui entameront leurs migrations un peu plus tard et parmi ceux-ci, il y a le Loriot d'Europe (Oriolus oriolus)

               

                  

Chaque fois que j'en vois, c'est un véritable plaisir, cette fois-ci, l'un des fils de nos amis, m'accompagne dans le village, c'est un réel ravissement que d'observer  ces superbes oiseaux, bien qu'immature à cette époque pour ces individus.

Il niche assurément sur la commune, j'ai compté pas moins de onze jeunes différents par groupe de trois ou quatre, le coin doit vraiment leur plaire et chaque année, ils sont là.

 

Il y a aussi quelques Rouge-queues noirs (Phoenicurus ochruros) ainsi que d'autres petits passereaux dans les buissons difficiles à identifier du fait qu'ils ne bougent pas beaucoup pour se mettre à découvert, ils préfèrent bien sûr rester sous la protection foliaire qui les protège autant que peut se faire du soleil.

 

Reste que la chaleur écrasante de l'après-midi, limite les sorties, de toute façon  les oiseaux restreignent  aussi leurs mouvements à la matinée et en soirée le plus souvent.

 

Mais chose curieuse, la sérénité n'est pas éternelle en ce bas monde.

                        

           

Alors que nous sommes nous-mêmes, à l'abri des assauts du soleil dans la maison en fin d'après-midi, un bruit de moteurs d'avion  fait réagir le propriétaire des  lieux, je sorts pour constater la présence de deux petits avions rouge et blanc dans le ciel, ce sont des Trackers,  cela ne présage rien de bon.

 

Le temps d'aller prendre mes jumelles et j'aperçois au loin un panache de fumée, l'un des avions largue un retardant rouge sur la crête d'une colline, puis les deux avions cerclent un instant et repartent, la fumée se calme un peu et repart plus foncée, mon ami qui vient de sortir à ma suite me commente les zones en proie aux flammes.

               

 

Au bout de quelques instants, nous apercevons sur la route des unités de lute contre les incendies, elles passent en contrebas du village au son des sirènes tristement reconnaissables.

Le lendemain, nous apprendrons à la radio que plus de cent hommes ont ainsi combattu les flammes pour sauver le reste de la forêt, mais pour le moment, les deux avions sont épaulé par quatre Canadairs qui font des rotations pour aller  refaire le plein d'eau pour revenir ensuite le larguer sur le sinistre.

             

          

Nous faisons des signes de la main aux pilotes pour tenter de les encourager, bien sûr, nous ne sommes pas certains qu'ils nous voient tellement leur concentration doit être accaparée par le pilotage mais bon nous avons quand même une pensée pour eux.

             

              

Les passages  se succèdent les uns après les autres, nous avons même du mal à suivre le nombre des cycles  jusqu'au moment où un plus gros avion arrive, c'est un Dash, il semble faire deux passages à très basse altitude puis repart alors que la ronde des Canadairs reprend.

                  

             

Comme les autres pilotes, il fera disparaitre son avion à notre vue derrière le sommet de la colline  pour réapparaitre de l'autre côté, incroyable, les risques pour venir livrer leur matériel de défense au plus près des flammes afin de tenter de circoncire l'incendie en contrebas tous en accordant un maximum de sécurité à leurs collègues au sol.

             

                  

Chapeau bas messieurs, tout grand merci pour votre dévouement et votre courage à chacune de vos sorties.

 

Reste que la forêt a encore perdu une partie de son innocence au profit d'une zone calcinée, mais il faut s'accrocher et croire en des jours meilleurs sous la protection des pompiers professionnels ou volontaires, terrestres ou volants.

 

Encore merci à vous mesdames messieurs les pompiers.



25/08/2012
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