Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

Endémiques de Madère : jour 4

                             

Si tu as mal, c’est que tu es vivant ! Et, pour tout dire, ce matin et pour cette raison-là je me sens bien vivant.

                             

Cette nuit, mon sommeil a été agité et depuis environ 4 h 30, je guette de l’oreille les sons du dehors, par phase, on affirmerait qu’un bambin s’est mis à pleurer à chaudes larmes encore une fois.

                             

Ces cris suspects nous avaient réveillé Michel et moi d’où un grand questionnement, puis de nouveau le silence.

                             

L’immobilisation que l’on m’avait appliquée hier à l’hôpital,  sur mon bras droit s’est desserré jusqu’au coude m’offrant la possibilité non sans douleur de pouvoir utiliser en partie mon avant-bras.

                             

Je prends donc les antidouleurs qui m’ont été prescrits puis avec mon ami Michel, nous allons faire un tour proche du canal.

                             

Bien sûr, les incontournables Tournepierres à collier (Arenaria interpres) ainsi que les Tourterelles turques (Streptopelia decaocto) un peu partout sur l’estuaire qui nous est devenu familier.

                             

À quelques distances de la plage de sable noir, des Goélands leucophées (Larus michahellis) patrouillent puis vont se poser sur la surface de l’eau assez tranquille en ce moment.

                             

Plus loin, sur le canal, les Bergeronnettes des ruisseaux (Motacilla cinerea) sont en nombre plus important et les Canards musqués (Cairina moschata) sont bien représentés parfois avec des rats qui se baladent tranquillement parmi eux.

                             

Toujours les Astrilds ondulés (Estrilda astrild) dans les hautes herbes et encore les Martinets unicolores (Apus unicolor)  décrivant de grands orbes aériens.

                             

Les Gallinules poules d’eau (Gallinula chloropus) découvertes la veille, sont facilement retrouvées, mais pas de trace des colverts qui sont certainement plus haut sur le canal ou dissimulés dans la végétation.

                             

Au déjeuner, l’ensemble des participants prennent des nouvelles de mon bras et je les rassure autant que je peux le faire en leur expliquant le diagnostic émis parle médecin de l’hôpital.

                             

Je vais avoir mal pendant plusieurs jours, mais le bras est revenu à sa place, alors haut les cœurs et on tient la ligne pour le reste du séjour.

                             

Pour le reste, de suite après le déjeuner Julien nous embarque pour une bien belle destination, à savoir le Jardin botanique de Madère avec une flore assez riche, même si l’on n’est pas au cœur de la saison de floraison maximale.

                       

Le Jardin Botanique de Madère, une visite unnoubliable.

                             

Le premier oiseau contacté ici, est le Roitelet de Madère (Regulus madeirensis), plusieurs individus sont plus ou moins aperçus quand ils descendent à notre hauteur.

                             

Plus loin, c’est un Merle noir (Turdus merula) qui fouille les feuilles sous le couvert des buissons qui bordent l’allée.

                             

À bonne distance, des Pigeons trocaz (Columba trocaz) sont repérés, mais restent inaccessibles pour nous de toute façon, un groupe important de touristes arrive à notre hauteur puis continu son chemin.

                             

Notre guide décide de temporiser pour laisser passer la foule des marcheurs afin de trouver la quiétude du lieu pour des observations plus sereines.

                             

Les trocaz sont retrouvés,  peu furtif contrairement à ceux observés, car ici, ils sont plus ou moins habitués aux allers-venues du public.

 

Pigeons trocaz (Columba trocaz)

                             

Un adulte  de l’espèce est perché dans une sorte de platane, il est souvent caché par les grosses feuilles de l’arbre et c’est en contournant la base qu’un autre pigeon est découvert, bien en vue.

                             

Son observation est partagée avec tous et, c’est une superbe rencontre que voilà, nettement plus proche que dans la vallée laurifère de  l’avant-veille.

                             

Le couple de gros volatiles s’éloigne aussi bien en distance qu’en hauteur, nous continuons plus loin avec de nouvelles séances de miroises de qualité tant pour cette espèce que pour d’autres.

                             

Le roitelet local, joue le rappel et se présente à nouveau ainsi de nouveau pigeons, le Monarque (Danaus plexippus), ce superbe papillon est également parfaitement contacté, on assurerait même que l’on assiste à un acte de reproduction.

                  

 

Monarque (Danaus plexippus)

 

                             

Nous sommes tellement subjugués par la scène, que nous manquons de rater la présence d’un trocaz à quelques mètres de nous.

                             

Même les grenouilles sont l’objet de notre convoitise tant pour l’observation que la pixellisation, avec force d’informations de la part de julien.

                  

J'ai oublié le nom de cette grenouille ^^

                                                           

L’heure du repas de midi approchant, nous, nous dirigeons naturellement vers la sortie et en passant dans un espace dégagé, les martinet, toujours des  unicolores, nous apparaissent sur un ciel d’azur.

                             

Plus bas, c’est une Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) qui nous fait tourner en bourrique, car ne se dévoilant que dans la fuite ou le Pinson des arbres (Fringilla coelebs) bien plus conciliant.

                             

À quelques distances de la sortie, un oiseau blanc décolle du sol en partie, caché par la végétation, plusieurs personnes y voient un simple pigeon, mais notre guide envoie un appel électrisant : vous avez vu la chouette ?

                             

C’est le branle-bas de combat, tout le monde suit Julien et nous regardons tous dans la même direction à la recherche d’un strigidé sans en connaitre l’espèce.

                             

Après quelques instants sans succès, Michel repère le manège d’un Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) harcelant on ne sait quoi et Juju de retrouver le rapace nocturne Michel, lui de remercier le faucon.

                  

Effraie des clochers (Tyto alba)

                             

Rien de moins qu’une Effraie des clochers (Tyto alba), nous sommes ravis de partager cette rencontre avec un couple de promeneur, car c’est une chouette observation et c’est peu de le dire.

                             

L’observation dure un bon moment et avec d’infinies précautions, pour ne pas l’effaroucher, nous échangeons nos places pour que tous puissent jouir de ce magnifique oiseau de proies nocturne, aux yeux grands ouverts pour le moment.

                             

Des photos du splendide rapace, sont montrées à la personne qui est en présence à l’accueil et qui nous félicite pour cette belle rencontre, la chouette sera, à l’honneur dans les discutions durant le repas à l’hôtel.

                                                    

La journée continue par un déplacement dans un port presque privatif pour embarquer sur un genre de bateau pneumatique  rapide et équipé de siège individuel qui va nous emmener à plus 30 kilomètres au large de Madère à la recherche de pélagiques peu courant à rare.

                             

Je reçois une mise en garde quant à mon handicap au bras droit, mais bon, je ne change pas d’idée et c’est le départ.

                             

Il faut un bon moment pour parcourir la distance, sur l’eau tout ou presque va moins vite, mis à part les incidents et les chutes et là  je parle d’expérience  personnelle « ressente »^^.

                             

Reste que justement, suite aux différents rebondissements et surtout celui de mon APN, miraculeusement rattraper par Michel avant qu’il ne finisse par 2000 mètres de fond, celui-ci et posé sur mes genoux, prêt à servir à la première occasion.

                             

La possibilité de mobilité d’une partie de mon bras droit et les antidouleurs font l’affaire, par contre j’ai conscience que ce sera rock n’roll pour l’observation et les photos.

                             

Pour l’heure, un petit ralentissement quand nous passons à proximité d’un radeau de cinq Puffins boréaux (Calonectris borealis), ceux-ci après un décollage en courant sur l’eau nous accompagneront un petit moment avec une facilité déconcertante.

               

Puffins boréaux (Calonectris borealis)

                             

Ces superbes oiseaux pélagiques, ont bénéficié durant les millénaires d’une évolution positive pour s’adapter aux conditions ardues de la haute mer.

                             

De long en long, des puffins, des cendrés, l’autre nom des boréaux, déjà vu, reviennent dans une voie parallèle à notre axe.

                             

Soudain, me sortant de mes réflexions, un cri, presque un hurlement donne un nom, « Zino’ petrel » émanant de derrière moi.

                             

Je me retourne autant que faire se peut et je vois l’animateur de la sortie en mer du bateau faire un geste pour indiquer une direction et de me contorsionner pour tenter une prise de vue.

                        

Pétrel de Madère (Pterodroma madeira)

                             

C’est qu’ici, la mer bouge, le bateau bouge et les oiseaux bougent, ici, rien de stable si ce n’est l’immensité de la situation.

                             

En attendant, j'arrive à faire quelques tirs de l’un des oiseaux les plus rares de la région si pour ne pas dire du monde, le Pétrel de Madère (Pterodroma madeira).

                             

Nous reprenons notre avancée, la pilote semble affirmer qu’on en verra d’autres très certainement, de mon côté, mieux vaut un tu l’as que deux tu l’auras.

                             

La présence d’oiseaux les plus communs, attire également des Pétrels de Bulwer (Bulweria bulwerii) facilement reconnaissable à leur livrée sombre et tout aussi abondant que les boréaux.

                                 

Pétrels de Bulwer (Bulweria bulwerii)

                             

Nettement moins rares et éloigné que leur cousin local, ils sont plus abordables en tous points et les observations de meilleures qualités.

                             

À vrai dire, tous ces oiseaux sont attirés par un dispositif flottant qui a fait ces preuves depuis de nombreuses années ici.

                             

Un genre de panier garni de poissons pas frais, mais alors pas frais du tout, reste que cela plait aux oiseaux pélagiques qui y trouvent de quoi se nourrir à peu de frais.

                             

Un nouvel endémique marin  du coin, fait son apparition, c’est un Pétrel des desertas (Pterodroma deserta) lui aussi semble habitué au panier de poisson en décomposition et vient jouer la star à peu de distance.

             

Pétrel des desertas (Pterodroma deserta)

                             

Un peu plus tard, ce sont des laridés qui arrivent d’on ne sait où,  tout simplement des Sternes arctiques (Sterna paradisaea) certainement en migration et qui font vraiment notre bonheur de tous.

                             

À quelque distance du panier flottant, deux Océanites tempêtes (Hydrobates pelagicus) font leur apparition, là aussi et ces petits oiseaux, pas plus gros qu’une hirondelle enthousiasme tout le monde.

                           

Sternes arctiques (Sterna paradisaea)

                                                                 

Les observations s’enchaînent les une derrière les autres, trois juvéniles de Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) et un adulte sont déclarés venant dans notre direction, c’est l’enchantement à bord.

                       

Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus)

                             

Un temps plus calme dans les rencontres autorise l’animateur et sa compagne (qui en fait est le pilote de l’embarcation) à nous servir un encas pour tenir jusqu’au retour.

                             

Les Bulwer les boréaux ainsi que les Océanites reprennent leur approche des appâts  alors que la lune commence à apparaitre, c’est l’heure du retour à plus vive allure.

                             

Nous accosterons tout de même à la nuit noire et nous, nous verrons offrir par l’animateur le badge de ceux qui ont eu la chance d’observer le Pétrel, celui de Madère.

                      

                             

De mon côté, je serais fourbu, mais assez heureux d’avoir tenu jusqu’à la fin sans mettre en défaut cette superbe balade en mer.

                                            

1) Tournepierre à collier

2) Tourterelle turque

3) Goélands leucophées  ssp. atlantis

4) Bergeronnette des ruisseaux  ssp. schmitzi

5) Canard musqués

7) Astrilds ondulés

8) Martinets unicolores

9) Gallinules poules d’eau

10) Roitelet de Madère

11) Merle noir ssp. cabrerae

12) Pigeon trocaz

13) Martinet unicolores

14) Fauvette à tête noire

15) Pinson des arbres

16) Faucon crécerelle  ssp. canariensis

17) Effraie des clochers

18) Puffins boréaux

19) Pétrel de Madère

20) Pétrel de Bulwer

21) Pétrel des desertas

22) Sternes arctiques

23) Océanite tempête

24) Labbe à longue queue

                             

A) Monarque (papillon)

 



30/09/2021
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