Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

Séjour en Guyane : jour 5

Séjour en Guyane :

jour 5

  

Le 15/07/2017

  

Ce matin, nous sommes trois levés à l’aube, nous faisons le tour de l’auberge de l’Approuague dans l’espoir d’apercevoir un oiseau d’une espèce ou d‘une autre.

   

UE8A6294 Auberge de l'apporouague.jpgUne partie de l'Auberge de l'Approuague(vue du bord du fleuve en contre bas
  

Le Pigeon rousset (Patagioenas cayennensis) est omniprésent alors qu’une troupe d’Anis  à bec lisse (Crotophaga ani) commence à bouger sur les longues courbes des palmes qui  ont servi de perchoirs pour la nuit.

  

je demande des nouvelles de Bernadette et comme elle n’est pas encore levée, je patienterais jusqu’au retour de cette petite promenade matinale pour en obtenir.

  

En attendant, avec Philippe, nous rencontrons le premier Troglodyte familier (Troglodytes aedon) de la journée sous la forme d’un mâle chanteur, puis  un peu plus loin, mais à vingt-cinq mètres de hauteur, des petits passereaux bleus inconnus pour le moment.

    

Ici aussi, les Tangara à bec d'argent (Ramphocelus carbo) sont légions, il y en a absolument partout.

  

UE8A6337 Tangara à bec d'argent.jpgTangara à bec d'argent (Ramphocelus carbo)
  

Mathias apparaît bientôt et nous invite au petit-déjeuner et comme la veille, Bernadette est portée par Cédric et notre guide, ce qui déclenche encore une bonne dose d’hilarité même parmi les autres client et qui fait moins peser  apparemment le problème de sa jambe à la blessée.

  

À nouveau, les tentatives de rapatriement de la personne impactée par les services sanitaires sont infructueux.

  

Cela fait 35 ans qu’elle est cliente auprès de cette compagnie assurance et au premier pépin, il n’y a plus personne de responsable au bout du fil !

  

Ne pouvant pas nous accompagner, elle s’installe le plus tranquillement possible avec de la lecture et nous montons dans notre véhicule avec l’assurance, cette fois que le restaurateur saura veiller au grain.

  

C’est le moment du départ, mais nous n’allons pas loin, notre chauffeur freine assurément, mais avec  précipitation, car devant à quelques dizaines de mètres, posé sur un câble d’alimentation électrique, un superbe Jacamar à longue queue (Galbula dea) est posé.

  

UE8A6408 Jacamar à longue queue.jpgJacamar à longue queue (Galbula dea)
  

Nous descendons du minibus avec précaution, l’oiseau n’est pas spécialement craintif, mieux que cela il se déplace pour venir se placer à moins de la moitié de la distance en arrière de notre véhicule, la miroise est fabuleuse, un client du gite qui roulait derrière nous profite de l’observation.

  

Des Toucans ariel (Ramphastos vitellinus) passent au vol, splendides puis disparaissent, Mathias qui a l’oreille aussi exercée que son œil, découvre des Dacnis bleus (Dacnis cayana) à environ trente mètres (les mêmes  vus avant le déjeuner avec Philippe).

  

UE8A6476 Toucan ariel.jpgToucans ariel (Ramphastos vitellinus)
  

Dans le même arbre un, puis deux Manakins auréole (Pipra aureola), c’est la folie et nous n’avons pas fait trois cents mètres depuis notre départ ce matin et une nouvelle fois la diversité nous saute aux yeux.

 

UE8A6438 Manakin auréole.jpgManakins auréole (Pipra aureola)
  

La route jusqu’au début du sentier de Savane Roche Virginie est sympa, nous aurons même droit à un contrôle routinier par la gendarmerie nationale qui forcement se passe dans les meilleures conditions.

  

À ce moment-là, je m’aperçois que le jeune homme qui nous suivait vient au même endroit que nous, puis  une fois arrivés sur place, nous entamons l’ascension, non sans avoir admiré le Milan bleuâtre (Ictinia plumbea) qui se trouvait perché à plus de 45 mètres de hauteur et scrutant les environs pour percevoir de son regard son futur repas.

  

Un couple de Manakin à gorge blanche (Corapipo gutturalis), est  repéré est repéré  une séance photo s’improvise avec plus ou moins de succès suivant la position où l’on se trouve, je prête ma paire de jumelle à notre nouveau compagnon.

 

UE8A6576 Manakin à gorge blanche.jpgManakin à gorge blanche (Corapipo gutturalis)
  

Le Piauhau hurleur (Lipaugus vociferans) porte bien son nom, quand je le vois pour la première fois, je suis franchement étonné par l’apparence du piaf.

  

De la taille d’un merle, gris clair à ce qu’il apparaît dans un rayon de lumière, puis l’oiseau disparaît pour aller pousser son cri retentissant, tandis qu’un Grimpar flambé (Xiphorhynchus pardalotus) se laisse observer quelques secondes avant de s’évanouir dans la nature lui aussi.

  

A un moment, Mathias décide de sortir du sentier avec nous trois collés à ses basques.

  

Notre guide vient d’entendre plusieurs chants différents, lui annonçant une « ronde de sous-bois », c’est-à-dire plusieurs espèces évoluant ensemble afin d’optimiser toutes leurs chances de trouver de la nourriture, mais également d’espérer repérer un éventuel prédateur avant qu’il ne passe à l’action.

  

La détection ainsi que les explications de telle ou telle rencontre sont fluides, notre guide est remarquable de pédagogie, il s’adapte à presque tous les caractères.

  

Cela nous donne bien sûr l’occasion d’observer plusieurs espèces que nous n’avions pas encore vues et d’en photographier au moins deux, selon la vélocité de chacun.

  

il me faudra regarder dans la littérature pour obtenir des précisions sur le Platyrhynque à miroir (Tolmomyias flavotectus), ainsi que sur le Microbate à collier (Microbates collaris) car il y a encore quelques heures, j’ignorais l’existence de ces espèces.

   

UE8A6654 Microbate à collier.jpgMicrobate à collier (Microbates collaris)
  

Nous retournons sur le sentier pour rattraper le reste du groupe  de retardataire qui nous a dépassé et ainsi pouvoir ensemble observer une superbe demoiselle à la taille gigantesque.

  

Cédric m’a donné l’envie de photographier d’autres animaux que les oiseaux, je suis déjà un opportuniste en matière de photos d’animaux.

  

UE8A6613  grandedemoiselle.jpgGrande demoiselle ( Espèce ?)
  

De plus quand on a la chance de pouvoir partager avec d’autres les prises de vues et en particulier avec un amateur (plus qu’éclairé) des libellules, c’est bénéfique à tous points de vue.

  

Plus haut, une partie du groupe fait une pose sur des bestioles en tout genre, Alain et moi continuons l’ascension vers le sommet.

 

Un éclair blanc de grande taille passe dans les branches, je me fige, tente de repérer ce que j’ai vu, c’est une Buse blanche (Pseudastur albicollis), superbe avec un regard tel qu’on le conçoit pour un rapace.

   

UE8A6661 Buse blanche.jpgBuse blanche (Pseudastur albicollis)

  

Alain n’a pas eu le temps de la photographier et s’en veut un peu de sa lenteur du moment, puis signe que l’on approche du but, nous entendons des cris et de la musique, une famille complète c’est installé là pour passer un ou deux jours de tranquillité dans cet endroit somptueux.

  

Les enfants sont heureux et jouent bruyamment, le père de famille vient à notre rencontre pour nous indiquer un passage moins boueux et ainsi accéder plus facilement au sommet  que nous venons de découvrir à travers le dernier écran de végétation.

   

De notre position sur élevée nous observons le spectacle de la forêt en contre-bas et qui s'étale à perte de vue.

  

Une fois notre groupe réuni, Mathias annonce la descente sur l’autre versant à la recherche de l’Engoulevent noirâtre (Nyctipolus nigrescens) alors que sa sœur Louëlia, décide de rester en haut pour garder les affaires et commencer à préparer le repas du midi.

 

UE8A6698 Engoulevent noiratre.jpgEngoulevent noirâtre (Nyctipolus nigrescens)
     

Nous, nous éparpillons sur les plaques de roche et au bout d’un moment, notre guide a enfin trouvé ce qu’il cherchait, à savoir l’engoulevent.

  

Pour ma part, j’ai du mal à le situer du premier coup, mais une fois qu’on a repéré l’œil de l’oiseau, cela parait plus facile.

  

Même le jeune homme qui nous accompagne en trouvera un dans les branches basses d’un buisson.

   

UE8A6770 Engoulevent noiratre 2.jpgEngoulevent noirâtre (Nyctipolus nigrescens)
  

Au sol, dans des ruissellements d’eau improbables, Mathias nous montre des petits poissons qui ont remonté on ne sait pas comment jusque-là, alors qu’une connexion avec une rivière ne peut être qu’à des kilomètres de ce point de cette espèce de  colline appelée « inselberg ».

   

UE8A6786 poisson Savane Roche Virginie.jpgpoisson!
  

La remontée est un peu pénible pour moi, je suis même le dernier à parvenir  au point de rendez-vous, mais bon avec plusieurs arrêt pour observer des oiseaux tout de même dont un superbe Coulicou de vieillot (Coccyzus melacoryphus).

   

UE8A6756 Coulicou de Viellot.jpgCoulicou de vieillot (Coccyzus melacoryphus)
  

je suis rattrapé par Mathias qui en profite pour me montrer une nouvelle espèce qui passe près de nous, se fixe sur un buisson au moment où celui-ci rencontre une de ses connaissances qui se balade avec son chien.

  

Quand nous rejoignons les autres, un superbe sandwich m’est offert par « l’assistance technique »  et c’est de bon cœur  que je le savoure.

  

Apparemment, des fourmis longues comme un ongle désirent diner avec nous Philippe en fait les frais avec plusieurs morsures  assez douloureuses aux pieds.

  

Le chemin du retour et pratiquement tout en descente, donc en faisant attention où on met les pieds, il n’y a pas de souci.

  

Le cri du piauhau nous accompagne de long en long, de temps en temps un volatile est aperçu et même j’ai droit à une vision trop rapide d’un Tinamou cendré (Crypturellus cinereus) se défilant au sol parmi la végétation basse.

  

Le jeune homme qui nous accompagne, trouve le courage de se mettre en petite tenue et de s’allonger dans un ruisseau à l’eau vraiment translucide et surtout assez froide ce qui a le don de le rafraichir rapidement.

  

Certains d’entre nous ne se privent pas de boire à même l’eau limpide qui coule tranquillement du haut de la colline.

  

UE8A6657 Philippe.jpgAssoiffé
  

Arrivé au début du sentier, à quelques dizaines de mètres du minibus, une grosse goutte tombe sur mon bras, le seul vrai abri est notre véhicule nous y parvenons sans nous presser, mais la précipitation qui tombe du ciel nous ordonne de nous engouffrer à l’intérieur.

  

Là-dessus, le retour est tranquille, d’autant que la pluie ... abondante, cesse comme elle a commencé et les Sucriers à ventre jaune(Coereba flaveola), son méconnaissables tellement ils sont ébouriffés.

  

Un rapace nous fait faire une halte à quelques centaines de mètres de l’auberge, nous y retournerons à pied un peu plus tard, Philippe Alain Mathias et moi puis serons rejoint par Cédric.

  

Une Buse cendrée (Buteo nitidus) est à nouveau repérée, l’espèce nous intéresse d’autant que nous ne l’avons pas encore vue vraiment et une chance elle vient se poser pas très loin de nous et nous faisons un arrêt pour une nouvelle observation, il commence à se faire tard et un chien un tantinet hargneux fini de nous décider de rebrousser chemin.

   

UE8A6934 Buse cendrée juv.jpg

Buse cendrée (Buteo nitidus)

       

Notre guide possède la rare qualité de pouvoir observer les oiseaux en tenant ses jumelles devant ses yeux avec la main gauche et de tenir une conversation avec une personne en tenant son téléphone de la main droite ce qui nous amuse quelques secondes.

  

Des colibris vagabondent à la vitesse d’un TGV sur les buissons plein de fleurs, ici une Dryade à queue fourchue  (Thalurania furcata), là un Ermite de Bourcier (Phaethornis bourcieri).

  

UE8A7119 Hermite de Boursier.jpgErmite de Bourcier (Phaethornis bourcieri)
  

Heureusement que Philippe me les met sous le nez, je serais passé à côté sans les voir.

  

Bernadette donne l’impression d’avoir passé une bonne journée malgré son état et affiche un grand sourire fédérateur, tour à tour  nous lui commentons la nôtre et elle s’en réjouie réellement pour nous, côté assurance c’est toujours le grand vide.

  

Après le succulent repas, c’est le moment de la douche puis du dormage demain sera un autre jour.

 

Nous verrons pour prendre une décision à ce moment-là pour l’instant, chacun de notre côté, nous sombrerons dans le sommeil, bercés par les bruits de la forêt tropicale proche.



10/10/2017
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