Oiseaux-balades

Oiseaux-balades

S駛our en Guyane Jour 10

Séjour en Guyane

Jour 10

20-07-2017

 

 

Une idée un peu tristounette m’occupe l’esprit quand je sors de la douche ce matin, en fait c’est le dernier jour.

     

Ce n’est pas le meilleur jour, ce n’est jamais le meilleur jour dans un si beau voyage, mais voilà, il faut bien qu’il arrive ce jour-là.

     

Il fait encore un peu sombre quand je marche sur la terrasse, l’oreille attentive, je guette la moindre présence.

     

Il n’y a pas grand-chose, hormis les cris et les chants que j’avais déjà entendus en début de voyage au même endroit une bonne semaine plus tôt.

     

La lumière commençant à envahir le jardin je prends mon appareil photo et ma paire de jumelles pour aller pérégriner dans les alentours.

     

De temps à autre, un vrombissement soudain du côté de l’oreille, laissant penser qu’un colibri vient  de passer, à moins que ce ne soit un gros insecte volant à vive allure.

     

Les mêmes aras rouges (Ara macao) au vol et dans la même configuration que la fois précédente, des agoutis sont entendus farfouillant le sol, mais restent invisibles et mes pas m’emmènent à plus de cinq cents mètres de la maison.

     

Maintenant, la lumière du jour est partout et les deux autres photographes du groupe, sont dans le jardin et se baladent  également.

     

Le Tyranneau roitelet (Tyrannulus elatus) et de suite vivace, il saute de branche en branche puis monte dans un palmier pour revenir dans un buisson, avec une plume coincée dans le bec.

 

UE8A5757 tyranneau plume.jpgtyranneau roitelet (Tyrannulus elatus)
   
 

Presque tout le monde est debout et nous nous installons à table pour le dernier petit-déjeuner en terre guyanaise.

     

La Coquette huppe-col (Lophornis ornatus) est au rendez-vous, ce n’est plus une surprise, mais cet oiseau de quelques grammes déclenche à lui seul un mouvement frénétique dans notre groupe.

     

En un instant, tout le monde est dehors, nous passons même d’un côté à l’autre de la maison sous le regard amusé de notre hôte et cette fois-ci, Alain ne nous parlera pas de sa cousine à raquettes.

 

UE8A5762 coquette huppe col.jpgCoquette huppe-col (Lophornis ornatus)
   
 

Le superbe colibri passe d’un parterre de fleurs à un autre à la vitesse un bolide aérien, mais avec tous ces yeux rivés sur lui, impossible de nous échapper bien longtemps.

     

Dans un ciel splendide, la Buse à gros bec (Rupornis magnirostris) s’envole et lance un cri de contact sonore en passant à notre verticale, apparemment un congénère lui répond, ce qui semble assurément l’exciter.

 

UE8A5779 Buse à gros bec.jpgBuse à gros bec (Rupornis magnirostris)
   
 

Ici, c’est déjà l’heure des perroquets, entendez par là que bon nombre d’espèces quittent leurs dortoirs respectifs pour aller sur les lieux de nourrissage.

   

Reste que les observations sont faites pour la plupart d’assez loin et que seule la miroise avec une paire de jumelles permet l’identification assurée des plus éloignées.

    

Tous nos bagages sont centralisés et nous les chargeons dans le minibus, puis c’est un dernier salut à nos hôtes, je recevrais même une préparation maison de piment de Cayenne à emporter avec moi en métropole.

    

Nous prenons place les uns et les autres dans notre moyen de transport, avec un dernier regard en arrière pour capter de la vue un Tangara des palmiers (Thraupis palmarum), cet oiseau qui fut si commun sur notre séjour ici.

  

UE8A5790 Tangara des palmiers.jpgTangara des palmiers (Thraupis palmarum)
   

Louëlia et Bernadette iront chez un médecin à Cayenne alors que le reste du groupe avec Mathias, nous passerons la matinée sur un site classé comme « hot spot » ornitho, la  Route de Guatemala.

    

Et donc à un moment, nous « laisserons» Cayenne sur notre droite pour rejoindre cette zone assez tranquille où la circulation reste vraiment faible.

 

UE8A5786 Kouroux  a  gauche.jpgLa route de Guatemala, c'est à gauche!
  
 

Le temps est splendide, pas l’ombre d’un nuage et notre guide opte pour des arrêts fréquents  alternés avec des moments de marches pédestres.

    

Mathias aperçoit, un Tyran pitangua (Thraupis palmarum) il saute de branche en branche, reste dans un contrejour frustrant puis finit par s’envoler derrière le rideau des arbres.

    

Ainsi, nous avons tout  loisir de voir un Faucon des chauves-souris (Falco rufigularis), dommage qu’il soit éloigné, celui-ci se tient sans doute à l’affut à l’ombre d’une palme et en contre-jour.

    

Sur le bas-côté, bon nombre de passereaux, avec ici un Tyran de Wiel (Myiarchus tyrannulus) qui attire mon regard, mais il me faudra l’aide de Mathias pour la détermination de l’espèce sur ma photo.

 

UE8A5815 Tyran de Wied.jpgTyran de Wiel (Myiarchus tyrannulus)
   

Plus haut dans le ciel, une Aigrette neigeuse (Egretta thula) passe au vol, alors que les phragmites abritent des Sporophiles petit Louis (Sporophila minuta) et quelques autres oiseaux non identifiés.

   

Je fais bien de m’attacher à une observation détaillée, car dans le groupe de cette espèce, un  de leurs cousins le Sporophile bouverons (Sporophila lineola) s’est glissé.

      

Dans un arbre bas, un superbe Batara rayé (Thamnophilus doliatus) joue à cache-cache avec nous, malgré tout, l’oiseau reste superbe. 

 

UE8A5870 Batara rayé.jpgBatara rayé (Thamnophilus doliatus)
       

À un moment, Mathias repère un passereau couleur d’ébène sur un poteau de clôture.

    

Il s’envole à la verticale avec des battements d'ailes curieux, en fait nous assistons à la parade nuptiale d’un mâle de Jacarini noir (Volatinia jacarina), ce qui reste fort sympathique en matière d’observation.

   

Le truc un peu dommage, c’est le cavalier seul et devant de l’une des membres du groupe qui de plus est vêtue blanc, ce qui fait fuir sans distinction, quantité d’oiseau devant elle.

 

UE8A5854 cavalier seul.jpgNotion de groupe!
  
 

Par contre, à un moment, nous rencontrons les amis d’Alain, ceux que nous avions déjà vus au refuge Patawa.

    

Connaissant bien l’avifaune de Guyane, ils nous informent de la présence de plusieurs espèces d’oiseaux présentes un peu plus loin de part et d’autre de la route et notamment plusieurs espèces de buses.

  

UE8A5892 Sturnelle militaire.jpgSturnelle militaire (Sturnella militaris)
  
 

Pour l’instant,  une superbe Sturnelle militaire (Sturnella militaris) mâle est perchée sur un fil barbelé et ne semble pas dérangé par notre présence et affirme la sienne par son chant nuptial tonique.

    

Une Moucherolle à tête blanche (Arundinicola leucocephala) est brièvement aperçue, alors que plusieurs couples de sa cousine la Moucherolle pie (Fluvicola pica) sont parfaitement observés dans la construction de leurs nids

 

UE8A5903 moucherolle pie nid.jpgMoucherolle pie (Fluvicola pica) construisant son nid.
  
 

Les mâles de cette espèce sont extrêmement territoriaux et chassent tous les intrus mêmes plus gros qu’eux qui osent s’approcher de leurs lieux de nidification.

    

Que ce soit le Tyran de Cayenne (Myiozetetes cayanensis) ou un Synallaxe à gorge jaune (Certhiaxis cinnamomeus),tous fuit l’acariâtre qu’ils ont osé déranger.

    

Dans un pré et au milieu des bovidés, le Héron garde-bœufs (Bubulcus ibis) déambule dans les pattes des ruminants à la recherche de sa pitance ou semble monté la garde, perchés sur le dos des Bœufs.

  

 UE8A6084 Héron gardeboeuf.jpgHéron garde-bœufs (Bubulcus ibis)
 
 

Je vérifierais plus tard, mais il me semble bien que c’est la septième espèce d’ardéidé observé sur le séjour, mais celle-ci est originaire du vieux monde.

    

Des Orioles jaunes (Icterus nigrogularis) passent de buissons en arbustes pour s’éloigner rapidement, un Pic de Cayenne (Colaptes punctigula) nous ravit de sa présence quand  il prend négligemment la pose, accroché au tronc d’un palmier.

    

Un bourdonnement sourd, mais assez proche nous fait abandonner l’observation du picidé, un petit oiseau vert est venu se percher à quelques mètres de nous.

   

UE8A6016 Ariane à ventre blanc.jpgAriane vert-doré (Amazilia leucogaster)
  
 

Nous sautons tous sur l’occasion de faire des photos, car pour une fois qu'un colibri est en position parfaitement dégagée, ce serait dommage de la rater.

    

Même notre guide va chercher son imposant 300 / 2.8 pour immortaliser  l’Ariane vert-doré (Amazilia leucogaster) qui se tient là tranquillement, pour notre plus grand plaisir.

    

À proximité d’une ferme, au sommet d’un arbre dénudé un Caracara à tête jaune (Milvago chimachima) scrute son territoire, plus loin, c’est une Buse roussâtre (Buteogallus meridionalis) qui plane alors sans effort apparent.

   

UE8A6041 Buse roussatre.jpgBuse roussâtre (Buteogallus meridionalis)
  
 

Le Grand urubu (Cathartes melambrotus) est lui aussi, porté par les courants aériens alors qu'une nouvelle farandole de sporophiles indéterminés s’égaille bruyamment dans des roseaux assez hauts.

    

Plus loin, une Buse à tête blanche (Busarellus nigricollis) trône tout en haut d’un arbre monumental , en dessous sur un piquet, une Colombe rousse (Columbina talpacoti) semble se demander pourquoi nous regardons le rapace avec insistance.

  

UE8A5976 Buse à tête blanche.jpgBuse à tête blanche (Busarellus nigricollis)
  
 

Malheureusement, la phrase que personne n’avait envie d’entendre arrive comme le glas d’une cloche sinistre.

    

Les chiffres sont têtus, la pendule ne s’arrête jamais, c’est l’heure, on repart pour Cayenne, nous avons rendez-vous au restaurant pour notre dernier repas du séjour ici dans ce département à plus de 7 000 kilomètres de la maison.

    

Plusieurs Toucans ariels (Ramphastos vitellinus) sont observés, des Cassiques cul-jaune (Cacicus cela) des Urubu à tête rouge (Cathartes aura) ici ou là des Tangaras évêques (Thraupis episcopus)  de Cayenne et des palmiers en pagaille.

  

UE8A4699 Cassique cul-jaune.jpgCassique cul-jaune (Cacicus cela)
  
 

En arrivant en ville, les Hirondelles chalybées (Progne chalybea)  et les martinets Sp sont légions et au moment où Mathias gare notre véhicule à l’ombre, nous dérangeons un gros colibri qui restera indéterminé.

    

Du fait que nous allons manger sur une terrasse couverte mais extérieure, je décide de garder mes jumelles et mon appareil photo avec moi.

    

On nous propose une grande table et je m’installe dos à la salle, les discutions sur le voyage vont bon train alors qu’un Tyran quiquivi (Pitangus sulphuratus) vraiment peu farouche viens à deux mètres de nous voir s’il n’y a rien à glaner.

 

UE8A6170 Tyran quiquivi.jpgTyran quiquivi (Pitangus sulphuratus)
  
 

Visiblement cet oiseau et largement imprégné de l’homme, car maintenant, il n’est qu’à peine à un mètre de nous on dirait qu’il attend quelque miette de notre part.

    

Louëlia et Bernadette nous rejoignent et le groupe est à nouveau complet, nous avons droit à quelques explications sur l’état de santé de Bernadette et sur le fait que son départ pour Paris a failli être compromis.

    

Dans les arbres en face de nous et tout au sommet, des perroquets bougent, des Conure cuivrée (Eupsittula pertinax) se nourrissent là-haut.

 

UE8A6146 Pione cuivrée.jpgConure cuivrée (Eupsittula pertinax)
  
 

A voir le regard dépité d’Alain, je comprends qu’il aurait aimé avoir son appareil photo lui aussi avec lui.

    

Quant à Mathias, je peux voir son sourire malicieux devant mon contentement d’avoir accroché une nouvelle espèce qui sera certainement la dernière de notre liste d’observation de l’avifaune du département .

    

Le repas fini, nous remontons dans le minibus, direction l’aéroport et cette fois-ci, c’est bien fini et ce n’est  malheureusement pas le vol des nombreuses hirondelles qui nous retiendra en Guyane.

    

Après l’enregistrement des bagages, je retire un peu d’argent au distributeur de l’aéroport avec quelques frayeurs, car le temps de réponse et assez long au point que je crois que ma carte va rester un peu plus longtemps que moi sur place.

    

L’adieu à notre guide ainsi qu’à sa sœur est  assez émouvant, mais il me plaît de croire qu’un jour je reviendrais en Guyane et d’y revoir Mathias ainsi que son intendante de sœur sans qui bon nombre de choses n’auraient pas pu être possibles.

    

Le Vol de retour avec Air France se passe comme dans un rêve et ainsi prend fin mon voyage de l’autre côté de la terre, mais en terre française quand même.

  

Pour le mot de la fin, merci de l'accueil presque familial de tous les Guyanais rencontrés lors de cette belle balade.



29/01/2018
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